2.- L'art d'être grand-père

                 ( Propos sans suite d’un grand-père rêveur )

             Les grands parents, quand ils ont du temps et de la patience, pourraient encore apprendre beaucoup de choses chez leurs petits enfants.

            Dépassant largement mes quatre-vingts berges, j’avais pu heureusement bénéficier avec ma femme des moments de joie inestimables et des surprises agréables chez nos cinq chères petites.

            Chaque fois que les deux dernières venaient nous voir, Thalia, sur ses 5 ans, allait jouer avec son jeu de construction au salon, tandis que la petite Aube, âgée de 2 ans et 3 mois, aimait rester dans la cuisine pour babiller avec ma femme en la regardant travailler.

            Ce jour là, elle dit soudain : "Grand-maman, t’es pas bête". Croyant avoir mal entendu, ma femme se  retourna :  " Quoi ? ". Aube répéta : "T’es pas bête, t’es gentille". Ma femme la serra sur son cœur, puis me raconta le soir ce qu’avait dit notre petite fille.
            Que signifie ces paroles ?, me demandais-je. Comment peut-elle, à son âge, distinguer ce qui est   "gentil - pas bête" et "méchant - bête" ?

            En y réfléchissant, je me rappelle que quelques semaines auparavant, elle avait voulu me taper à la figure avec une mine renfrognée. Sachant que ce n’était pas un jeu, je retins sa menotte en la regardant fermement dans les yeux : "Non, ma petite, c’est pas gentille de faire la vilaine avec grand-papa. Aimerais-tu que je te tape aussi ?".

            Les petits enfants ont toujours le talent de changer de sujet quand les choses tournent à leur désavantage. Souriant, Aube mit alors sa main sur ma joue en disant : "Câlin, grand-papa". Elle se rappela donc de la leçon que sa grand-maman lui avait donnée la dernière fois, quand elle a voulu me tirer les cheveux : "Non ma petite, sois gentille, fais un câlin à grand papa". Alors, souriante, elle m’avait touché doucement la joue de haut en bas.

            Un petit enfant est à la fois un ange et une "petite peste" (équivalent du mot "petit diable"). On l’a vu un moment "très chou" souriant, adorable, puis soudain, sans raison apparente, change d’humeur, jetant son assiette ou son jouet par terre, vous griffant, vous tapant ou vous mordant, avec ou sans pleurs.
            C’est le moment délicat et crucial pour sa première éducation. Si on confondait éduquer avec punir, en le grondant ou en donnant une petite fessée même légère, alors on aggraverait la situation.

            (Je me rappelle d’avoir donné à Diana, ma fille de 4 mois, une petite tape sur son derrière. A ma grande surprise elle avait hurlé comme si on la battait. Je me demandais si elle savait déjà manifester sa dignité en ne voulant pas qu’on l’humiliât ?).

            Les petits enfants comprennent tout, même avant de pouvoir parler, et quand ils peuvent balbutier plusieurs mots, enregistrent tout, répètent tout, retiennent tout, arrivant au fil des mois, à rapprocher à propos les diverses situations, et à notre grand étonnement, sortir le mot approprié au moment opportun. Ils aiment qu’on leur parle souvent.

            L’éducation des petits exige beaucoup de patience, donc de temps et demande un tempérament calme et serein, tout ce qui fait défaut chez la plupart des jeunes couples.

            Pour revenir à la scène du câlin d’en haut, il me semble que dès le plus jeune âge, l’enfant est capable d’acquérir la notion de gentil et de vilain, pour ne pas dire du bien et du mal, qui est un jugement moral.
            Aube, la petite fille de 27 mois, en s’adressant à sa grand-maman, savait déjà que gentil est synonyme de pas bête, pas vilain. Et elle pouvait changer rapidement sa mauvaise humeur en câlin à l’égard de son grand-père.

            C’est un point important dans la première éducation. Sachant que le petit enfant est à la fois un ange et une peste, il convient d’encourager le côté "ange" et de décourager le côté "peste", c’est-à-dire en lui parlant beaucoup, avec calme et gentillesse, quitte à lui expliquer, à le raisonner, à recourir même à la notion de réciprocité.

            Cette pulsion agressive, griffer, taper, mordre, tous les bébés, garçons ou filles, font le même cirque. Ce qui est important, c’est l’attitude des parents en réponse à ce comportement agressif qu’ils n’acceptent pas facilement et ont de la peine à faire face. Car ils préfèrent, comme tous les parents du monde, avoir des enfants doux, sages, dociles, obéissants, qui leur causent le moins de soucis et de perte de temps possibles. En y répondant du tac au tac, le conditionnement s’opère, les habitudes s’installent. Sans le savoir, ils peuvent former à la longue des enfants semblables à leur image.

            Au début du mois de décembre 1982, un professeur de l’Hôpital psychiatrique de Lyon, Jean Bergeret, vint donner une conférence à l’Hôpital psychiatrique de Cery (Prilly-Lausanne) où je travaillais. Le sujet m’intéressait déjà à cette époque : "La violence fondamentale".
En psychanalyste attitré, le professeur nomma cet instinct primaire particulier, ce fut son expression, la violence fondamentale. Ce concept, dit il, "tire son origine historique d’une écoute rigoureuse du mythe d’Œdipe, et des travaux freudiens et post-freudien concernant les fantasmes précoces".

            Selon ce mythe grec, le roi de Thèbes, Laïos, averti par un oracle qu’il serait tué par son fils et que celui-ci épouserait sa mère, abandonna l’enfant sur une montagne. Recueilli par des bergers, Œdipe fut élevé par le roi de Corinthe. Devenu adulte, ayant appris la destinée qui pesait sur lui, il voulut se rendre à Thèbes pour consulter l’oracle sur le mystère de sa naissance. En chemin, il se prit de querelle avec un vieillard qu’il tua, c’était Laïos son vrai père. Aux portes de Thèbes, il découvrit la solution de l’énigme du sphinx dont il débarrassa le pays. En récompense, les Thébains le prirent pour roi, et il épousa la reine Jocaste, veuve de Laïos, sa propre mère. Quand il découvrit le secret de sa naissance, son parricide et son inceste, il se creva les yeux, mena une vie errante et mourut à Colone, près d’Athènes.
            Ce mythe fut la source d’inspiration de Sigmund Freud qui en fit le modèle de référence, conçut le "complexe d’Œdipe" en désignant la rivalité sexuelle, le désir, la jalousie et l’hostilité envers leurs parents, chez les enfants de trois à cinq ans. Ce concept devint le point central de la théorie psychanalytique.

           Certains psychologues l’ont également remarqué mais ils ne l’érigent pas en dogme. Pour eux, ce sont des sentiments normaux qui ne deviennent pathologiques que s’ils se prolongent au delà de l’enfance. Et ils constatent que c’est chez un couple très uni que l’enfant surmonte facilement ce complexe d’Œdipe. Cependant rien n’empêche que cet enfant, devenu adulte, ne risque d’avoir aussi certains conflits avec sa psyché toujours en action et réaction continue.
            La plupart des psychanalystes par contre, y voient l’origine des troubles psychiques, en attribuant aux petits enfants des pulsions primitives de violence, des fantasmes précoces de meurtre, parricides ou matricides, en y introduisant un autre concept, "la menace de castration".

            Jean Bergeret, en essayant d’interpréter l’oracle de Sophocle, parla d’une implacable loi de violence, issue du principe "tout ou rien" des premiers mouvement de la vie. C’est "eux ou moi" du côté de l’enfant, "lui ou nous" du côté parental. On doit "tuer" pour
préserver narcissiquement sa propre vie.

            Sachant que le conférencier s’exprimait dans un langage symbolique, je fus néanmoins choqué par ces fantasmes d’adultes projetés sur les petits enfants sous prétexte de référence à l’oracle d’un mythe ancien. Je considérais toujours Freud comme mon Maître, mais mon esprit critique n’admettait pas en bloc toutes ses diverses interprétations.

            En attendant d'abord quelques interventions des auditeurs à la fin de l'exposé, je levai ensuite le doigt pour demander la parole :
            " - Monsieur le professeur, dis-je, dans tout être humain il n’y a pas seulement une violence fondamentale, mais aussi une bonté fondamentale en interaction continuelle. On ne peut pas parler de l’une sans en référer à l’autre. Le complexe d’Œdipe n’explique pas tout. Les parents et grands-parents ici présents peuvent le constater en suivant attentivement l’évolution de leurs chers petits."

            Ce fut presque un tollé de désapprobation. Tout le monde avait les yeux tournés vers moi, ce psychologue vietnamien (ancien professeur de psychologie dans un pays en voie de développement après avoir fait ses études à Genève et à Montréal, puis venant pratiquer et enseigner sa science dans ce Centre universitaire de psychiatrie de Lausanne).
            "Comment ce dernier, inconnu du monde psychanalytique, ose-t-il toucher à cet exposé d’un professeur de psychiatrie invité, psychanalyste de renom d’un pays voisin ?" semblent-ils me faire comprendre.

            Embarrassé et confus par cette ambiance hostile, j’écoutais à peine la réplique de Jean Bergeret à ma critique. Cependant, avant la clôture de la conférence, le même professeur me réveilla avec cette déclaration inattendue :
" ... c’est comme la mayonnaise - quand le complexe d’Œdipe ne prend pas - il faut chercher ailleurs ! ... ".

            Dans notre vie familiale, j’avais l’occasion d’observer ce fameux complexe chez ma fille Diana en 1967, quand elle avait 4 ans et quelque mois.
            Un jour, ma femme et moi, nous assistâmes à son jeu de construction. Montrant sa petite maison avec fierté, elle nous dit :

            " - Je me marie avec papa et nous habitons ici.
            - Et moi, qu’est-ce que je deviens ?
demande ma femme en riant.
            - Tu deviens grand-maman !" répondit-elle comme s'il sagit d'une simple évidence.
            Nous étions surpris et fort amusés par cette réponse innocente. En tant que psychologue, je me demandais si notre fille avait essayé de résoudre à sa manière son complexe d’Œdipe ?

            Une autre expérience concernant ce célèbre complexe me vint quelques années plus tard lors d’une consultation psychologique pour expertise psychiatrique.
            Un médecin-assistant amena dans mon bureau un pasteur de 55 ans. Avant de venir, le candidat psychiatre m’avait dit que son patient avait été mis en examen judiciaire pour être trop empressé auprès de ses catéchumènes de sexe opposé. Il ajoutait que c’était un cas difficile, un récidiviste qui avait passé sans aucun succès chez quatre grands psychanalystes de l’Etat de Vaud, un grand canton de la Suisse.

            Après une prise de contact amicale et un test psychologique de personnalité, je ne résistais pas à lui demander :

            " - Est-il vrai que vous avez déjà vu quatre psychanalystes ?
            - C’est exact,
dit-il.
            - Au fond, savez-vous quel est votre problème ? continuai-je.

            - Cela vient de ma libido. Dès que j’aperçois une jupe, il faut que je coure après.
            - Il y a pas mal de coureurs de jupon sous ce ciel, mais ce n’est pas habituel chez un pasteur de votre âge,
plaisantai-je.
Il faut savoir résister aux tentations.
            - Mais malgré moi et mes prières, ces tentations s’avèrent irrésistibles
, répliqua-t-il.

            - Et quel était le diagnostic prononcé par les quatre psychanalystes? demandai-je.
            - Ils avaient dit que j’avais un complexe d’Œdipe, dit-il.
            - Ils étaient vraiment polis et gentils, dis-je.
Voulant épargner votre susceptibilité, ils déguisaient sous une expression symbolique, la vraie cause de votre problème ... Pour moi, quand perdure le complexe Œdipe chez un adulte, c’est que ce dernier n’arrive pas encore à dépasser sa période d’adolescence.
            Là-dessus, d’une manière inattendue, le pasteur éclata en sanglots :
            " En effet, je manque de maturité, concéda-t-il ".
            J’étais surpris et ravi à la fois par l’effet de ce choc psychologique créé lors d’une brève conversation.

            Cependant, une des plus grandes surprises de ma vie survint le jour où notre fille Diana (mère de notre petite fille Aube ci-dessus citée) avait atteint l’âge de deux ans et neuf mois.
            Ce matin de novembre 1966, je revis la scène comme si cela s’était passé hier. Nous étions trois à table pour le petit déjeuner : mon fils Ralph, ma fille Diana et moi. Agée de 33 mois, elle trôna sur sa haute chaise de bébé à ma droite.
            " - Papa ! hier, maman m’a grondé, se plaignait-elle,
            - Pourquoi ? demandai-je laconiquement.

            - Parce que j’ai fait une bêtise.
            - Alors, ta maman avait raison,
répliquais-je, sans même demander de quelle bêtise il s’agissait."

            Peut-être étais-je trop dur avec ma fille qui voulait simplement chercher chez son papa une petite consolation ? Mais j’étais pressé de finir mon petit déjeuner pour aller au travail.
            D’autre part, concernant l’éducation de nos enfants, nous étions convenus, ma femme et moi, de nous montrer fermes et unis vis-à-vis de leur comportement, de ne pas réagir différemment, l'un donne un motif de punition, l'autre dit le contraire, et vice-versa.
            Ma fille sembla réfléchir, puis calmement, laissa tomber du haut de sa chaise :
            " - Vous êtes des Américains !".

            Je n’étais pas seulement surpris, mais abasourdi. J’aurais facilement admis une réplique comme : "Vous êtes des méchants !". Mais dire "Vous êtes des Américains ! " ? Comment pourrait-elle, à l’âge de 33 mois, arriver à faire cette comparaison fort inattendue, qui est une opération abstraite de la pensée, au stade où mon ancien Maître Jean Piaget parlait d’opération concrète ?

            Je la vis encore sucer son pouce et regarder les oiseaux et les chats par la fenêtre en attendant sa tartine de beurre et de confiture, pendant que la radio déversait les nouvelles du Viêt-Nam où la guerre avec les Américains faisait rage en cette année 1966 . Pendant des jours elle avait enregistré, accumulé les faits pour aboutir à la conclusion que les Américains étaient méchants. Puis après réflexion, elle la sortit, au moment où elle pensait bien approprié pour comparer les actes de ses parents avec les atrocités guerrières. C’était donc un jugement de valeur correspondant à un jugement moral ! Je me sentis subitement plus tolérant avec certains antagonistes du célèbre Professeur de Genève (notamment sur la théorie des stades du développement intellectuel de l’enfant. Ils oublient toutefois que les recherches du grand psychologue ont commencés avant 1940 où les enfants étaient moins doués).
            On voit comment un simple poste de radio pouvait influencer le cerveau d’un petit enfant en y introduisant un précoce sentiment primaire d’anti-américanisme !

            La pulsion violente vient du dedans mais elle pourrait être stimulée, nourrie, provoquée, consolidée par les apports du monde extérieur, suivant les aléas de l’existence, comme elle pourrait être contenue, déviée, contrôlée, sublimée, contrebalancée par la pulsion d’amour, ce fond de bonté existant sans exception chez chaque individu.
            D’où le rôle important de l’éducation, de la civilisation y compris la culture, indispensable à l’épanouissement de l’être humain qui est un "être en devenir" et non pas encore un "être fini".

            Or le monde occidental à l’esprit dualiste n’admet pas facilement cette unité dans l’être humain, la coexistence des deux pulsions "violence"et "amour" qui sont en interaction constante, non pas seulement entre elles mais concomitantes avec le milieu ambiant, le monde en général. Il se préoccupe trop du "péché originel" sans penser en même temps à la "bonté originelle".

            Pour eux, en général, ce qui est bon ne peut pas être mauvais et ce qui est mauvais ne peut pas être bon. Le bon peut perdurer comme le mauvais. C’est cette pensée unique, à priori, défiant les lois de l’évolution humaine, qui avait poussé récemment le gouvernement français à vouloir dépister les éléments violents et perturbateurs dès la crèche. Le ministre de l’intérieur (Nicolas Sarkozy) aurait eu l’idée, en janvier 2006, de créer un "carnet de suivi comportemental" avec un premier contrôle vers trois ans.
            L’éducation des petits enfants exige des parents de la fermeté en sus de leur amour qui n’est pas seulement baisers, caresses et jouets en surnombre.

            Je me rappelle de l’époque de l’"enfant-roi ", ce mouvement venant des Etats-Unis vers 1970 et même un peu avant, inspiré par les écrits d’un certain pédiatre, le Dr Spok.
            Par peur de les frustrer (la frustration est un concept typiquement américaine), les parents d’outre-Atlantique élevaient leurs enfants en les laissant presque entièrement libres. Ces derniers étaient gâtés outre mesure avec des "désirs continuellement gratifiés" et "immédiatement satisfaits" (leurs expressions favorites).

            Les Européens, en suivant cette tendance, croyaient aussi en faire des êtres indépendants, sans complexes. Comme résultats, ils créaient des tyrans qui ne faisaient qu’à leur tête, qui dictaient la loi dans leur foyer.
            En réalité, un enfant vraiment indépendant est un enfant autonome, qui a le moins besoin des autres, qui arrive à se débrouiller tout seul.
            Enfin, des deux côté de l’océan, ils ont fait marche arrière depuis plus d’une vingtaine d’années, mais le mal est fait, le pli difficilement effacé.

            Aujourd’hui, la plupart des parents sont totalement dépassés par la conduite de leurs enfants. Certains s’en prennent aux enseignants - aussi impuissants qu’eux - et émettent des reproches à la société.
            En effet, le milieu social - et mondial - actuel s’avère visiblement malsain, baignant dans une ambiance qui respire la haine, le mensonge, la violence, le sexe, l’injustice et l’humiliation à l’égard d’autrui. Les fantasmes des enfants y sont nourris à satiété par la TV et autres mas-média (sites Internet, disques de jeux vidéo, revues porno, etc.) qui rivalisent de sensationnel et de hardiesse, sous prétexte que bon nombre de leurs parents en redemandent.
            Il est évident que cette situation ne peut durer éternellement et finira par se tasser. En attendant, les petits enfants grandissent dans cette nourriture médiatique, et d’autres vont naître bientôt.

            La presse réclame chaque jour des moyens pour lutter contre la violence, sans chercher sa vraie cause. D’une part, les sciences humaines et sociales, les milieux thérapeutiques - psychiatriques, psychanalytiques, et même politiques - ne cherchent souvent qu’à justifier la violence. D’autre part, ces mêmes autorités politiques ne pensent qu’à la répression, voire à l’internement. Et le milieu médical ne peut pas faire autre chose que prescrire, comme remèdes, des médicaments psycholeptiques ou neuroleptiques calmants.

            D’ailleurs de leur côté, certains parents ne se privent pas d’en consommer également, et se conduisent avec leurs enfants exactement comme avec eux-mêmes. Ils passent d’une extrême à l’autre, en les gâtant ou en les terrorisant.

            Or, l’enfant a besoin de compréhension. Même le tout petit bébé a déjà, comme l’adulte, un fond de violence coexistant avec un fond de bonté, je le répète. C’est aux parents de valoriser ce fond de bonté et d’aider l’enfant à contrôler le fond de violence, si possible, depuis les premiers mois de sa naissance. C’est avec cette éducation, faite de patience et d’amour que l’enfant devenu adolescent, puis adulte, pourrait acquérir dans son entourage de bonnes habitudes ou résister aux influences néfastes.

            Pour aider l’enfant, l’adolescent et même l’adulte, à sortir de la violence, il est préférable, et même impératif, de leur faire comprendre la coexistence chez eux d’un fond de bonté ou divin et d’un fond de violence ou démoniaque, constamment en interaction entre eux et avec le monde environnant. Je le redis encore une fois.

            Ce n’est qu’en reconnaissant cette coexistence en lui-même du divin et du démon dont il est censé prendre le contrôle, que l’être humain se sentirait vraiment libre, et responsable de ses actes.
            La cessation de la violence - et partant de tout terrorisme humain - ne serait possible et effective que grâce à cette compréhension, qui est une condition sine qua non de la paix dans le monde, avec l'émergence des démocraties authentiques.


        
Jerba - Le Mont
        Hiver 2005-2006

            Aube et son grand-père le jour de l'anniversaire de ce dernier, le 6 mai 2012, à côté de la corbeille de fleurs, un des cadeaux offerts par la Municipalité de Lausanne (Aube a huit ans et demi, son grand-père 90) -  Photo prise par sa mère Diana LE-DINH sur le balcon de l'appartement.