Au fil des jours 2016

          12 septembre 2016 - Le non-moi ou le moi-ego
           "L'Hebdo" le magazine suisse du 14 juin 2012 a présenté le livre de Frédéric Lenoir sous le titre "Socrate et Bouddha sont des psy !", via un entretien avec l'auteur par Isabelle Falconnier journaliste.
            A tout juste 50 ans, le philosophe, sociologue et historien des religions, Frédéric Lenoir, directeur de la rédaction du magazine Le Monde des religions, s'impose comme un passeur majeur de sagesses et spiritualités vivantes. Auteur d'une trentaine d'ouvrages, essais, romans, encyclopédies ou pièces de théâtre, traduit dans une vingtaine de langues, il signe avec "L'âme du monde" un conte spirituel puissant, simple et sage. L'histoire raconte comment huit sages de confessions différentes des quatre coins du monde - un lama tibétain, un moine chrétien américain, une mystique indienne, un kabbaliste israélien, une philosophe néerlandaise, un maître soufi africain, une chamane de Mongolie, un maître taoïste chinois - se retrouvent dans un monastère au fin fond du Tibet. Pressentant qu'une catastrophe est sur le point d'arriver, ils décident de transmettre ce qu'ils jugent essentiel comme message spirituel et philosophique aux deux adolescents qui les accompagnent. Interrogation inspirée et inspirante sur les différences qui opposent les hommes et qui, surtout, les rapprochent, limpide et fluide, "L'âme du monde" est à mettre entre toutes les mains.
             - Isabelle Falconnier : Vous avez déjà publié plusieurs essais qui font une synthèse des grandes sagesses du monde, dont "Socrate, Jésus, Bouddha - Trois maîtres de vie" ou "Le petit traité de vie intérieure". Pourquoi "L'âme du monde", conte philosophique traitant également de la sagesse universelle ?
            - Frédéric Lenoir : L'âme du monde est justement parti du "Petit traité de vie intérieure". Suite à ce livre, qui a eu un énorme succès, j'ai reçu plus de 6000 mails de lecteurs me disant que ce texte avait changé leur vie et qu'il fallait écrire la même chose pour ceux qui ne lisaient pas les essais, qui n'avaient pas de culture religieuse. J'ai donc voulu transmettre de manière simple et accessible l'essentiel de ce que j'ai à dire sur la sagesse universelle.
            - I.F. : La fiction est-elle plus efficace que l'essai ?
            - F.L. : La fiction est toujours plus accessible que l'essai. Elle fait jouer l'imaginaire, nous projette dans l'émotion, le cœur, en plus de la raison. Même si mes personnages sont des archétypes et que mon livre est un conte davantage qu'un roman, le lecteur peut s'attacher, se projeter dans mon récit davantage qu'avec un essai. Le monde moderne méprise l'imaginaire et survalorise la raison critique, l'analyse et le discernement. Le roman est encore considéré comme un truc de bonne femme ou d'enfant ! Ce Conte des contes s'inspire de ces histoires universelles qui prouvent que l'homme est le même partout. Et, dans sa forme, du Prophète de Khalil Gibran.
           - I.F. : Comment avez-vous fait le «casting» de vos sages et des sagesses essentielles à transmettre au lecteur ?
            - F.L. : Mon but est de montrer les points communs qui rassemblent les sagesses du monde à travers un archétype de chacune de ces sagesses. Le moine symbolise la spiritualité chrétienne, le soufi la spiritualité musulmane par exemple. Je ne cherchais pas à faire parler des théologiens mais des sages, qui ont l'expérience de ce qu'ils vivent, qui cherchent à mettre en pratique ce qu'ils pensent savoir, visent l'évolution, la transformation   . Toutes les religions proposent la figure du sage qui aide à vivre et à acquérir une liberté intérieure.
            - I.F. : Qu'est-ce qui rassemble un lama tibétain, un moine chrétien, un kabbaliste israélien, une philosophe néerlandaise, un soufi africain, une chamane de Mongolie et un taoïste chinois ?
            - F.L. : Je ne les ai pas rassemblés sur leurs croyances. Les bouddhistes ne croient pas en Dieu par exemple. La seule croyance qui les rassemble tous est celle de l'existence d'un monde invisible et d'une forme d'immortalité de l'âme, notion présente même chez Socrate ou les stoïciens. Et la vie : comment faire pour vivre ? Toutes les religions et les spiritualités sont nées au départ pour aider les gens à vivre. Je prends le meilleur de leurs messages.
            - I.F. : Quels sont-ils, ces messages principaux qui reviennent dans toutes les sagesses ?
            - F.L. : Le plus important est le "connais-toi toi-même", l'encouragement au travail d'introspection. Puis l'amour : le but de toute vie spirituelle est d'aimer plus, de se connaître pour avoir une meilleure relation aux autres, sans attentes, sans projections. A ce titre, il y a un lien logique entre la psychanalyse et les sagesses. Socrate ou Bouddha sont des psys, ils ont compris l'esprit humain et cherchent à donner du sens à la vie … (Extraits).

            Ainsi, l'historien des religions, en essayant de transmettre la sagesse et la spiritualité depuis l'ancien temps jusqu'à l'époque contemporaine cherche à comprendre la nature humaine, le sens des croyances, en contribuant ainsi à  combattre l'intégrisme et l'intolérance.
            La philosophie n'a d'autre sens que d'aider les gens à vivre.
            Or pour bien vivre, il s'avère nécessaire de se connaître. Et toute connaissance se résume en la connaissance de soi. Platon affirme même que la sagesse n’est autre qu’essayer d’atteindre une connaissance de soi.
            C'est un sujet difficile à appliquer, car le sujet connaissant et l'objet à connaître sont confondus, ce qui manque d'objectivité car il est à la foi "juge et partie".
            D'ailleurs, la connaissance du Moi, fut déjà expérimentée et enseignée par Bouddha (Siddhârta Gautama, VIe ou Ve siècle avant l'ère chrétienne). Bouddha signifie "l’Éveillé", celui qui a accédé à la connaissance du Moi.
            Le principe "non ego" (anatta) démontre que le Moi n’a pas d’existence propre. Il n’est qu’une "construction" composée d’éléments qui ne lui appartiennent pas, qui sont empruntés, qui sont sous la dépendance d’êtres ou d’objets extérieurs. Si on enlève au Moi chacun de ses éléments : forme matérielle, sensation, perception, représentation et état de conscience, que reste-t-il ? Rien. Sensations et perceptions n’existent qu’en fonction des organes des sens et des objets perçus par eux. Les représentations mentales dépendent des perceptions et des sensations qui fournissent à l’esprit les matériaux sur lesquels il travaille.
            Pour Saint Augustin (354 - 430), le Moi est "l’homme extérieur" messager de "l’homme intérieur" (Les confessions).
            L'expression "le moi est haïssable" vient de Blaise Pascal (1623-1662), ce philosophe et mathématicien qui paraît plus psychologue que les autres "psys" par sa parfaite connaissance de l'être humain.
            "… Où est donc ce moi, s’il n’est ni dans le corps ni dans l’âme? Et comment aimer le corps ou l’âme, sinon pour ces qualités, qui ne sont point ce qui fait le moi, puisqu’elles sont périssables ? Car aimerait-on la substance de l’âme d’une personne, abstraitement, et quelques qualités qui y fussent ? Cela ne se peut, et serait injuste. On n’aime donc jamais personne, mais seulement des qualités.  Qu’on ne se moque donc plus de ceux qui se font honorer pour des charges et des offices, car on n’aime personne que pour des qualités empruntées. »  ("Pensées de Pascal", 1670, édition Brunschvicg, fragment 323.)
            Les questions qu’il a posées dans ses "Lettres provinciales" sont encore d’actualité : "L’homme est-il capable de liberté ?", "Est-il responsable de ses actes ou prisonnier de ses pulsions ?", "Est-il libre d’être libre" ?
            Encore ce fragment : "La grandeur de l’homme est grande en ce qu’il se connaît misérable. Un arbre ne se connaît pas misérable. C’est donc être misérable que de se connaître misérable ; mais c’est être grand que de connaître qu’on est misérable." (Pensées de Pascal, op. cit. p. 171).  Toutefois, "Il est dangereux de trop faire voir à l’homme combien il est égal aux bêtes, sans lui montrer sa grandeur. Il est encore plus dangereux de lui trop faire voir sa grandeur sans sa bassesse. Il est encore plus dangereux de lui laisser ignorer l’un et l’autre. Mais il est très avantageux de lui représenter l’un et l’autre." (op. cit. p.174).
            Le philosophe psychologue a ouvert la voie à Nietzsche (1844-1900) pour, deux siècles plus tard dénoncer le christianisme en annonçant que le bouddhisme a cent fois plus de valeur ("L'Antéchrist"). Nietzsche a cité Pascal plus d’une soixantaine de fois. Il écrit : « On ne devrait jamais pardonner au christianisme d’avoir chassé des hommes comme Pascal … ». Nietzsche, comme Pascal, a condamné les travers de l’être humain, mais sans avoir reconnu en même temps sa grandeur.
            A propos du moi-ego : "Si j’ai quelque unité en moi, elle ne consiste certainement pas dans mon moi conscient, dans le sentir, le vouloir, le penser ; elle est ailleurs, dans la sagesse globale de mon organisme, occupé de se conserver, à assimiler, à éliminer, à veiller au danger ; mon conscient n’en est que l’instrument" ("La volonté de puissance").
            "L'Homme est une chose qui doit être dépassée. C'est-à-dire que l'Homme est un pont et non un terme (…)" Ainsi parlait Zarathoustra, Prologue). L'Homme ici, c'est le Moi-ego, un être en devenir  (Cette conception est contraire aux valeurs humanistes de l'Occident qui considère l'homme comme une nature donnée une bonne fois pour toutes).
            Le fondateur de la psychanalyse, Sigmund Freud, a reconnu que "Le Moi n'est pas maître en sa propre maison" (Introduction à la psychanalyse 1917), ce qui sous-entend que ce sont les "pulsions" qui a pris sa place.
            Selon Lacan, le disciple controversé, le Moi est "une instance du registre imaginaire : il est l'aliénation même. Le sujet se voit dans "le Moi", qui n'est qu'un arrêt sur image de la fonction sujet.
            Le Moi s'avère une illusion, ce qui rejoint la notion du "non-moi" bouddhiste. Lacan avait pour le zen la plus vive attirance, intérêt dont il fait part publiquement dès 1953. À l’ouverture de son premier séminaire, Jacques Lacan a commencé par une référence au maître zen, auquel il s’est comparé lui-même (À droite : Portrait de Lacan en Maître zen).
            Ainsi, de l’Orient à l’Occident, la notion du non-moi  (ou moi-ego)  semble être admise par les « sages ». Toutefois, leurs précieux principes ont encore beaucoup de peine à réveiller les gens, suite à la disparité du niveau de développement spirituel chez ces derniers (Cf. note précédente du 15 août 2016).

            À lire :/1.-le-conformisme-le-sacr-c3-a9-et-l-eveil (Le Conformisme, le Sacré et l'Eveil pages 1 à 3)  .et  /les-dialogues-zen (Les dialogues zen).
           

 15 août 2016 - La pensée positive 
            Lu sur "Le Matin Dimanche" du 3 juillet 2016, dans la rubrique "Sagesse" par Rosette Poletti cette confidence d'une lectrice :
            «J'ai beaucoup lu sur la pensée positive, notamment «Le secret» de Rhonda Byrne. J'ai beau essayer, je n'arrive pas à voir en rose ce qui est gris ou noir»
                                   "La pensée positive, ça ne marche pas pour moi"
            En voici la réponse : La pensée positive soulève beaucoup de questions, et beaucoup d'incompréhensions. Certains imaginent qu'il s'agit de tout positiver, de se faire croire que tout va bien lorsque ce n'est pas le cas. La pensée positive dans sa version simpliste, c'est une sorte d'obligation de bonne humeur et d'optimisme irréaliste : "Tu devrais positiver ton licenciement, c'est peut-être un cadeau pour ton évolution." Mal comprise, elle peut sembler être un déni des émotions négatives ressenties.
            L'une des erreurs de compréhension les plus fréquentes, c'est l'idée qu'on peut changer le cours des choses avec ses pensées, et surtout que celles-ci attirent ce qui nous arrive. Cela débouche sur une sorte de «pensée magique» comme le fait l'Australienne Rhonda Byrne dans son livre "Le secret" lorsqu'elle explique que le tsunami de 2004 était probablement dû au fait que les victimes avaient émis dans l'univers des vibrations qui l'avaient déclenché !
            Au départ du "mouvement" de la pensée positive, spécialement dans les premiers ouvrages de Norman Vincent Peale, un pasteur méthodiste américain que l'on cite souvent comme le pionnier de la pensée positive, il s'agissait de vivre sa foi au quotidien. Il écrivait par exemple : "Le chemin vers le bonheur : gardez votre cœur libre de la haine, votre esprit libre des soucis. Vivez simplement, donnez beaucoup, attendez peu. Répandez le «soleil», oubliez-vous, pensez aux autres. Essayez ceci pour une semaine et vous serez surpris du résultat.» Il s'agissait de vivre ce que prêchait la religion d'une manière concrète et positive. Puis, petit à petit, Peale en est venu à parler d'estime de soi, de confiance en soi et ses messages étaient très appréciés ! "Si vous voulez que les choses soient différentes, il faut que vous-même vous changiez !"
            Petit à petit, l'approche basée sur la pensée positive a évolué, elle s'est répandue et beaucoup l'on trouvée utile. Aujourd'hui, des recherches scientifiques menées par Barbara Fredrickson, du département de psychologie à l'Université de Caroline du Nord, démontrent que la pensée positive est très importante lorsqu'elle est bien comprise, qu'elle augmente la possibilité de développer de nouvelles compétences et ouvre l'esprit à de nouvelles possibilités. "Les émotions positives engendrent des comportements flexibles, accueillants, créateurs et réceptifs", écrit Barbara Fredrickson. Il ne s'agit pas de se forcer à voir le verre à moitié plein lorsqu'il est presque vide, mais d'augmenter le contact avec ce qui nous donne de la joie dans la vie pour ressentir plus souvent du contentement, de la gratitude et de l'émerveillement. Il s'agit d'accepter ce qui est, la douleur liée aux pertes, aux frustrations, et de décider, quand c'est possible, de diriger son regard vers les pépites de joie qu'on peut trouver même au coeur des plus grandes difficultés.
            Etre positif, penser positivement, ce n'est pas nier la réalité, ni chercher à se tromper soi-même à propos de ce qui est, c'est décider de poser son regard sur ce qui est beau, bon, valable dans la situation que l'on vit.
            Comment devenir plus positif lorsqu'on le désire ?
            De nombreux experts mettent en évidence les messages que nous nous donnons au cours de la journée : il s'agit de remplacer ce qui est défaitiste et négatif par des messages plus positifs. Au lieu de :
            - Ça ne marchera pas !
            - Je vais essayer de le faire marcher.
            - Je ne vais jamais y arriver !
            - Je vais trouver un moyen d'y parvenir.
            - Je n'ai jamais fait ça !
            - Tiens, ça pourrait être intéressant.
            Ce que nous nous répétons dans notre dialogue intérieur toute la journée détermine en grande partie ce que nous ressentons, notre état émotionnel. Les changements ne se font pas d'une minute à l'autre, il s'agit de devenir conscient de ces messages et de les changer, petit à petit, avec persévérance.
            La "vraie pensée positive", ça marche ! Ça n'est pas magique ! C'est un chemin, c'est une attention à développer. C'est un choix à faire, d'instant en instant :
            - Où vais-je mettre mon attention ?
            - Que vais-je choisir de dire ?
            - Que vais-je décider de faire ?
            Comme l'écrit de dalaï-lama : «Certains regardent la vase au fond de l'étang, d'autres contemplent la fleur de lotus à la surface de l'eau, il s'agit d'un choix.» Les deux existent, les deux font partie de l'harmonie de l'univers, le choix appartient à celui qui regarde.
            Même lorsqu'on change de petits détails dans sa vie, qu'on exprime plus souvent de la gratitude à ceux qui nous entourent, qu'on s'arrête une minute pour contempler les beautés de la nature, qu'on modifie un message intérieur négatif en positif, on sent la différence en soi et on prend conscience que le bonheur dépend en partie des choix quotidiens que nous faisons.

           Ces extraits de texte qui expliquent le besoin et le bénéfice de la pensée positive ne semblent pas répondre à la question spécifique de la correspondante "Pourquoi la pensée positive ne marche pas avec elle ?"
            C'est bien le nœud crucial de la pensée positive, difficile à saisir, car il exige certains éléments de psychologie du domaine psychique de l'être humain.
            En cherchant de l'aide sur l'Internet, nous tombons sur le site "Fondamentales" de Frédéric Clément avec ce titre "Le secret de la pensée positive" avec sous-titre "Pourquoi la pensée positive réussit-elle à certains et pas du tout à d'autres ?"
            L'auteur et le conférencier distingue les limites de la pensée positive consciente, particulièrement lorsqu'elle est uniquement appliquée à notre esprit conscient.
            Extraits :
            "Mal utilisée, elle peut même parfois devenir nuisible à notre estime personnelle !
            Récemment, voici ce qu'on pouvait lire au sujet de la pensée positive dans un article signé Martin LaSalle sur PasseportSanté.net :
            (...) Avoir recours à la pensée positive peut avoir un effet bénéfique lorsqu’on a déjà une bonne estime de soi. Mais si ce n’est pas le cas, l’autosuggestion pourrait même aggraver l’état d’esprit dans lequel on se trouve.
             (...) Aussi, en constatant que l’affirmation positive ne fonctionne pas, elles (les personnes adeptes de la pensée positive qui ont une faible image d'elles-mêmes) ont tendance à s’imputer la faute de l’échec... et à s’enfoncer davantage.
            Pour en arriver à ces conclusions l'auteur de ce texte se base sur une étude menée par Joanne Wood, professeur de psychologie à l'Université de Waterloo, en Ontario, au Canada. Au cours de cette étude, Madame Wood s'est penchée sur les effets de la pensée positive. D'après ses résultats, elle en arrive à la conclusion que les messages positifs avec lesquels les gens essaient de se convaincre peuvent parfois produire un effet négatif, tout à fait à l'inverse de ce qu'ils espèrent, particulièrement pour ceux et celles qui ont une mauvaise image d'eux-mêmes. Selon elle, les messages positifs ne fonctionneraient que si la personne qui les prononce croit réellement que ça va marcher. Elle ajoute que c'est paradoxalement chez les gens qui en auraient le plus besoin que la pensée positive aurait un effet négatif. Ainsi, "les gens qui ont une faible image d'eux-mêmes se répètent ce genre de messages, pensant au fond d'eux que ce n'est pas vrai.", conclue-t-elle. Et elle ajoute : "Ces sentiments prédominent sur les messages positifs." (Extraits).

            En réalité, les effets négatifs viennent de l'ego de gens (qui ont une mauvaise image d'eux-mêmes, ayant trop d'amour-propre) qui pensent à partir de leur conscience du moi.
            Donc, la pensée positive consciente est la pensée du moi ou de l'ego, c'est pourquoi elle est inefficace.

            Frédéric Clément est de même avis : "La morale de cette histoire, c'est que si vous faites de l'autosuggestion consciente et que cette affirmation consciente va à l'encontre de votre programmation subconsciente, vous n'arriverez pas à croire aux suggestions et si vous n'y croyez pas, cela ne se produira pas." (Extrait)

            L'affirmation de la pensée positive doit venir d'une conscience de niveau supérieur et quand la personne qui l'évoque est capable de dépasser son "moi-ego".
            Trois niveaux : conscient, subconscient et superconscient font partie de la psyché humaine. Les deux premiers font partie du moi-ego.
            Le niveau superconscient ou sublimal désigne l'énergie vitale ou l'élan vital (Henri Bergson 1859-1941).                                                                                                         
            L’énergie vitale est appelée "qi" ou "chi" en Chine, "prâna" en Inde ou "ki" au Japon. Aujourd'hui, on parle aussi de "bioénergie", un terme plus moderne.
            Elle circule dans tout le corps à travers des sortes de chemins, appelés méridiens, qui relient tous les organes. C'est l'aspect physique dont utilise la médecine chinoise en acupuncture).
            Ce principe fondamental formant et animant l'univers et la vie n'est autre chose que le divin en nous. Ce sont les "pulsions" du moi-ego (le démon en nous) qui font obstacle à sa manifestation. Tant qu'un être humain l'ignore, il lui serait difficile pour son développement personnel, car le "moi-ego" et sa conscience primaire, sont imperméables à toutes innovations et tendant facilement à la violence destructive (Principe de Mort). Il nécessite de l'intuition ou de l'inspiration créative (Principe de Vie) relevant de dieu ou du divin.
            En outre, tous les êtres humains ne sont pas nés égaux à leur naissance, tant sur le plan physique que psychique. Surtout, ils ne possèdent pas le même niveau de développement mental ou spirituel.
            Par conséquent, personne ne peut obliger quelqu'un d'autre à aimer la vie ou chercher le bonheur si ce dernier est miné par une pensée négative, la tête remplie de fantasmes destructeurs et le cœur bondé de rancunes et de haine d'autrui.
            De même, aucun ne peut forcer un individu d'avoir une pensée positive si ce dernier n'est pas apte à la recevoir.  La conscience primaire du moi-ego le tient prisonnier de ses préjugés dans le conformisme, l'empêchant de voir la réalité et même  l'évidence des relations "cause-effet" ("déni"). Il lui arrive de pratiquer la méthode Coué à l'envers..
            D'autre part, avec la conscience primaire  la pratique de programmation (visualisation, mentalisation, autosuggestion) et même le yoga et la méditation ne donnent que des effets palliatifs, à court terme, qu'il est recommandé de répéter sans cesse.

            Il s'avère ardu de vouloir changer le comportement humain. Les gens pessimistes "jouent souvent les Cassandres," d'autres s'affirment des "victimes nés", "l'enfer c'est toujours les autres". D'ailleurs, bon nombre d'optimistes sont frustrés et déçus, s'ils restent encore attachés à leur "moi-ego".

            La vraie thérapie débute par la connaissance de soi, par le dépassement du moi-ego et de sa conscience primaire, pour accéder à la conscience sublimale (voir plus haut).
            Seulement, après ce réveil, l'être humain saurait " programmer", sans le savoir, la pensée positive créatrice. Autrement dit, la pensée positive divine lui arrive tout seul, en même temps que l'amour, le bonheur et la sérénité ...

À lire : /1.-le-conformisme-le-sacr-c3-a9-et-l-eveil (Le Conformisme, le Sacré et l'Eveil pages 1 à 3)..


            7 juillet 2016 - Autisme et Bactéries

            Grand titre lu sur le journal numérique de "20 minutes" rubrique Science (16 juin 2016) :
"Une bactérie intestinale pour guérir l'autisme ?"
             Avec sous-titre : "Des scientifiques ont introduit une bactérie dans les intestins de souris présentant des troubles autistiques. Les résultats sont encourageants.

            L'absence d'une espèce de bactérie intestinale est liée à des symptômes similaires à l'autisme chez des souris de laboratoire, ont constaté des chercheurs. Leur découverte pourrait ouvrir des pistes de traitement de ce trouble comportemental chez les humains.  
            En introduisant ces bactéries dans les intestins des rongeurs, les scientifiques ont pu inverser des déficits de comportements sociaux, qui rappellent les symptômes du trouble du spectre autistique, expliquent-ils dans leurs travaux, publiés jeudi dans la revue américaine Cell.
            Les tests ont été effectués sur des souris. (Photo AFP)
            "Nous ne savons pas encore si cette approche peut être efficace chez les humains, mais il est extrêmement intéressant d'agir sur le cerveau par le biais de la faune intestinale", relève le Dr Mauro Costa-Mattioli, professeur à la faculté de médecine Baylor à Houston (Texas), le principal auteur. Cette étude a été inspirée par des recherches épidémiologiques montrant que l'obésité maternelle pendant la grossesse peut accroître le risque chez les enfants de développer des troubles du développement, y compris l'autisme. De plus, certains autistes ont des problèmes gastro-intestinaux récurrents.
            Régime malsain.
            Les chercheurs ont soumis 60 souris femelles à une alimentation riche en graisses saturées, ce qui équivaut à manger plusieurs fois par jour de la restauration rapide. Ils ont nourri ces souris jusqu'à ce qu'elles aient des petits, qui sont restés trois semaines avec leur mère avant d'avoir une alimentation normale. Après un mois, ces souriceaux ont montré des déficits de comportement, passant par exemple moins de temps que la normale avec leurs semblables. "Nous avons trouvé une nette différence dans les flores intestinales des deux groupes de souris, l'un soumis à une alimentation normale et l'autre à un régime malsain", précise Shelly Buffington, une chercheuse du laboratoire du Dr CostaMattioli, un des coauteurs. "En analysant seulement la flore intestinale d'une souris, on pouvait dire si l'animal souffrait ou pas de problèmes de comportement", souligne la chercheuse. Comme les souris mangent leurs excréments, les scientifiques ont mélangé tous les animaux de l'expérience dans des cages. Quand des souriceaux "autiste" se sont retrouvés avec d'autres jeunes souris normales, après quatre semaines, ils ont restauré leur faune intestinale et amélioré leurs comportements sociaux, expliquent les scientifiques. Ils ont pu déterminer que la présence d'un type de bactérie (Lactobacillus reuteri) était très réduite dans la flore intestinale des souriceaux nés de mères nourries avec des aliments riches en graisse. (nxp/ats).
            En annexe, un des commentaires les plus populaires illustre bien le crédit ou l'utilité d'une telle recherche :
            "C'est beau de rêver... La Suisse est très en retard pour les diagnostics... notre fils a présenté des troubles autistiques, ce que nous avons constaté depuis qu'il a 6 mois, il va avoir 6 ans et n'est toujours pas diagnostiqué. La 20ème de médecins que nous avons consulté ne veut pas se prononcer et toujours la même réponse : faut attendre qu'il rentre à l'école, sauf que l'école il y est déjà depuis 2 ans et rien ne change. Et l'autisme n'a rien à voir avec l'alimentation, alors faites quelque chose pour la prise en charge des enfants, car nous parents on doit se battre au quotidien pour aider nos enfants autistes ... "

            Sous couverture de la Science, les chercheurs américains entraînent les lecteurs vers des aventures hasardeuses, voire ténébreuses.
            Le terme "autisme" n'est qu'un trouble de comportement décelé par Eugène Bleuler, dans la recherche sur la schizophénie, manifesté par un "retrait sur soi" qui est un problème de l'ego. Le comportement de souris testées ne pourrait pas être comparé à celui d'un être humain.
            Faire de l'appellation "autisme" une maladie spécifique s'avère une erreur fondamentale de l'étiologie, car ce n'est qu'un des symptômes d'une déficience physique interférant avec une déficience psychique, créant de multiples états allant du plus bénin moins manifeste au plus grave handicap.
            Vers le milieu du XXe siècle, les sujets atteints de ces troubles mentaux sont désignés sous l'appellation générale de "débiles mentaux". Il y a des déficiences physiques sans déficiences psychiques, comme il y a des déficiences psychiques sans déficiences physiques, et le cas le plus grave c'est la double déficience psychique et physique. En outre, le retard mental ou la déficience intellectuelle n'est qu'un constat particulier du développement mental et affectif.
            (Probablement, le terme de "débile" sonne trop fort pour les parents qui préfèrent parler d'"autisme"…  C'est un concesus pour cacher les déficiences ?)
            Au début de ce XXI siècle, la science occidentale n'arrive pas encore à déceler l'origine de cette déficience mentale.  
            Les chercheurs attribuent la cause à un développement du cerveau pathologiquement différent, notamment lors la formation des réseaux neuronaux et au niveau du fonctionnement des synapses. D'autres y ajoutent certaines réactions des bactéries de la flore intestinale (cf. texte susmsntionné).
Les plus avancés admettent les facteurs d'origine "multifactorielle", avec une forte implication de facteurs génétiques et de nombreux facteurs de risques concomitants.
            D'autre part, des travaux sur l'héritabilité de l'autisme suggèrent que 90 % de la variabilité est attribuable à des facteurs génétiques[]. Selon une étude parue en mai 2014[], l'une des plus vastes réalisées, l'autisme n'est génétique qu'à hauteur de 50%, à part égale avec les facteurs environnementaux.
            Cependant, la synthèse des études faites à montré que celle-ci était complexe, et pouvait impliquer jusqu'à 50 gènes différents[]. Mais une étude[] de 2014 affirme que cette part ne dépasse pas les 50 %, à part égale avec les facteurs environnementaux (Sources Wikipedia).
            Toutefois, la plupart des recherches scientifiques ne sont en général que des hypothèses surtout la théorie des gènes et de même, la théorie du genre.
            Evidemment, la Science veut tout expliquer. Mais peut-on expliquer ce qui est inexplicable ou immanente ?
            Les sciences humaines actuelles semblent se nourrir encore des préjugés obscurantistes sur la naissance d'un être humain. Elles supputent que tous les individus devraient être nés égaux au point de vue physique comme au point de vue psychique, ce que contredit la sagesse populaire qui parle des "âmes bien nées". Ces derniers ont un "destin", toutefois chacun doit "construire" sa propre destinée".
            D'autre part, il y a déjà quelque chose d'aléatoire dans la conception d'un fœtus : un ovule particulier tombant sur un des milliers et des milliers de spermatozoïdes ! Avant la naissance, peut-on vraiment parier sur l'arrivée  prochaine d'un génie ou d'un débile, d'un homo ou d'un transsexuel ?
            La Science occidentale reconnaît les particularités des ADN, les altérations des chromosomes X, Y mais s'est montrée encore intolérante sur le genre comme au Moyen-Orient, tout en méconnaissant la débilité mentale de naissance (et ignorant encore le mauvais génie cartésien).
            Pour avoir la paix avec son ego, accepte-t-elle au moins la notion de "Karma" du bouddhisme oriental ?

20 juin 2016 - Laïcité et Enseignement scolaire
 
             En France, l’enseignement scolaire est basé sur des valeurs de la République, inspirées de l’époque des Lumières.
Liberté – Egalité – Fraternité y sont devenues des principes fondamentaux. Les Français y ajoutent un concept de séparation de l'Église et de l'État (loi de 1905) et en font une spécialité : la laïcité française.
            Étymologiquement, le mot « laïc », apparu au XIIIe siècle et d'usage rare jusqu'au XVIe siècle, désigne les personnes (et les choses) qui ne sont pas de condition religieuses (prêtres, religieux), de la même manière que le mot civil désigne ceux qui ne sont pas de condition militaire.
Pour le Larousse, la laïcité se définit comme :
            - Conception et organisation de la société fondée sur la séparation de l'Église et de l'État et qui exclut les Églises de l'exercice de tout pouvoir politique ou administratif, et, en particulier, de l'organisation de l'enseignement.
            - Caractère de ce qui est laïque, indépendant des conceptions religieuses ou partisanes.
           Pour le CNRTL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales Créé en 2005 par le CNRS) :
           - Principe de séparation dans l'État de la société civile et de la société religieuse.
            - Caractère des institutions, publiques ou privées, qui, selon ce principe, sont indépendantes du clergé et des Églises; impartialité, neutralité de l'État à l'égard des Églises et de toute confession religieuse.
            Reste que si les règles instituées par la loi de 1905 semblent simples à comprendre, deux visions de la laïcité, au minimum, continuent coexister, y compris au sein d'une même famille politique. Pour Valentine Zuber, depuis la révolution française, il y a toujours eu deux sensibilités différentes dans le camp des républicains : 
            - "D'un côté, ceux pour qui la laïcité n'est pas une valeur, mais un principe. Ceux-là pensent que l'identité religieuse est privée mais peut s'exprimer dans le débat public;
            - De l'autre, ceux qui pensent que la laïcité est une valeur, concurrente des valeurs religieuses, qui les conduit à avoir une position presque antireligieuse, en réclamant l'effacement complet des religions dans l'espace public." (Source : Wikipédia).
            En outre, « Laïcité », « laïque » peuvent désigner une institution ou un organisme qui est indépendant des conceptions religieuses ou du clergé ou neutre vis-à-vis des confessions religieuses : on parle de « laïcité de l'État », « laïcité de l'enseignement », de conscience et l’égalité des droits exprimés par la Déclaration des droits de l’homme.
            La laïcité au sein de l’école vise à garantir la liberté de conscience des élèves ainsi qu’un climat serein pour la formation des futurs citoyens à l’abri des pressions de toutes natures, philosophiques, religieuses, partisanes ou communautaristes. Sous diverses appellations (affaire du voile, du voile islamique, du foulard, etc.), un débat portant sur la question du port du voile islamique dans les écoles est né en France au milieu des années 1980.   
            Les partisans du port du voile - certains musulmans ainsi que des défenseurs des libertés individuelles — invoquent à travers la laïcité la liberté de conscience, principe de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789.
            Ceux qui prônent la neutralité de la tenue des élèves en appellent eux aussi à la laïcité, voyant en elle le caractère de neutralité et d’égalité indispensable selon eux à l’éducation :
            « Il faut que les élèves aient le plaisir d’oublier leur communauté d’origine et de penser à autre chose que ce qu’ils sont pour pouvoir penser par eux-mêmes. Si l’on veut que les professeurs puissent les y aider, et l’école rester ce qu’elle est — un lieu d’émancipation —, les appartenances ne doivent pas faire la loi à l’école. » (Source Wikipédia)
            Il y a dans cette idée l’intention d’imposer une assimilation forcée aux enfants d’une communauté étrangère, qui la sente à la fois comme une menace et une provocation, voire une humiliation. Ceux qui la prônent sont traités d’intégrisme par leurs adversaires.
           
            Toutefois, l'existence dans la législation et dans le débat public d'une distinction entre « laïcité » et « neutralité », de même qu'entre « liberté de conscience » et « liberté d'opinion », démontre que la religion n'est réellement perçue et traitée ni comme un phénomène strictement privé ni comme un simple courant d'opinion parmi d'autres. La notion même de laïcité, telle qu'elle est comprise dans la société française, n'est donc pas dénuée d'ambiguïté (Source :  Wikipédia).

            Le 14 janvier 2008, l’ex président de la République, Nicolas Sarkozy, prononça à Riyad un discours que d’aucuns qualifient de prêche ; il y affirma le rôle unificateur de Dieu entre les cultures (monothéistes méditerranéennes). Selon lui, dans ces trois cultures, on retrouve les traits suivants :
            « Dieu transcendant qui est dans la pensée et dans le cœur de chaque homme. Dieu qui n’asservit pas l’homme mais qui le libère. Dieu qui est le rempart contre l’orgueil démesuré et la folie des hommes. Dieu qui par-delà toutes les différences ne cesse de délivrer à tous les hommes un message d’humilité et d’amour, un message de paix et de fraternité, un message de tolérance et de respect. »
            Il précisa un peu plus loin sa propre position :
            « En tant que Chef d’un État qui repose sur le principe de la séparation de l’Église (sic) et de l’État, je n’ai pas à exprimer ma préférence pour une croyance plutôt que pour une autre. […] J’ai le devoir de faire en sorte que chacun, qu’il soit juif, catholique, protestant, musulman, athée, franc-maçon ou rationaliste, se sente heureux de vivre en France, se sente libre, se sente respecté dans ses convictions, dans ses valeurs, dans ses origines. »
           
            Lors de la venue du pape Benoît XVI en France en septembre 2008, l’ex président de la République affirma qu’« il est légitime pour la démocratie […] de dialoguer avec les religions et notamment avec la religion chrétienne avec laquelle nous partageons une longue histoire. »
            Le pape, en réponse, insista sur les racines chrétiennes de la France et rappela l’intérêt du concept de laïcité positive utilisé par Nicolas Sarkozy :
            « Je suis profondément convaincu qu’une nouvelle réflexion sur le vrai sens et sur l’importance de la laïcité est devenu nécessaire. Il est en effet fondamental de garantir la liberté religieuse des citoyens ainsi que la responsabilité de l’État envers eux et d’autre part, de prendre une conscience plus claire de la fonction irremplaçable de la religion pour la formation des consciences. »
            Ainsi, le chef de l’État et le chef de l’Église catholique romaine affirment-ils leur intention de redonner à la laïcité son « vrai sens », de la rendre « positive », plus « ouverte ».
            Richard Prasquier, président du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) estime, à propos de la « laïcité ouverte » prônée par Benoît XVI et de la « laïcité positive » vantée par Nicolas Sarkozy, que « les mots ressemblent parfois à des slogans ». Il se dit « partisan du maintien de la loi de 1905, qui fait partie du génie de la France ».

            La philosophe Catherine Kintzler critique le syntagme de « laïcité positive » : « cette expression vide le concept de laïcité de son sens, puisque la définition de la laïcité est forcément négative et minimaliste. La laïcité, c’est dire qu’il n’est pas nécessaire de croire en quoi que ce soit pour fonder le lien politique[]. »
            L’Observatoire chrétien de la laïcité ne se reconnaît pas dans ce discours, qu’il qualifie d’« effarant », puisque le président de la République « ne tient pas compte des apports spirituels, humanistes, culturels des religions non catholiques, des agnostiques et athées dans notre pays, estimant même que l’aspiration spirituelle qui est en tout homme ne trouve sa réalisation que dans la religion » (Source Wikipédia)
            Le 26 février 2008,  Libération fait paraître un texte intitulé « Sauver la laïcité », signé par un groupe d’intellectuels[], qui dit que le président de la République fait « une remise en cause violente et globale » de la laïcité, menant « l'offensive avec la plus grande brutalité []».
           
            Depuis le 9 septembre 2013, une charte de la laïcité en 15 articles est affichée dans toutes les écoles publiques en France. Cette charte a été présentée le 9 septembre à l'École au lycée Samuel-Beckett à La Ferté-sous-Jouarre, dans l'académie de Créteil, par le ministre de l'éducation nationale, Vincent Peillon.
Le magazine Marianne, du 29 janvier au 04 février 2016, s’indigne : « Ils veulent TUER la laïcité » par Éric Decouty et Alexis Lacroix : « Une véritable guerre contre la laïcité est engagée. Ses fronts sont multiples. Mouvants. Car ils sont de plus en plus nombreux ceux qui préfèrent l’accommodement à l’adhésion aux universaux républicains ». Un autre article déclare « La laïcité, notre bien le plus précieux » par Benoît Scheneckenburger et Elliott Aubin. Dans un entretien avec le magazine, Régis Debray dénonce « Le chantage à l’islamophobie et insupportable », et rappelle que « cette précieuse exception française » n’a pas de répondant en Europe, même sécularisée, où la laïcité n’est nulle part constitutionnelle et se réduit simplement à la  liberté de conscience. Aux Etats Unis où les droits de l’homme sont un cadeau de Dieu à sa création, il s’agit avec le premier amendement de « protéger les Eglises contre l’emprise de l’Etat et non l’Etat contre l’emprise cléricale ». Le philosophe fait remarquer que le dernier rapport de l’ONU sur la liberté de la religion dans le monde fait figurer la France parmi les 28 Etats jugés retardataires ou fautifs car intolérants et discriminatoires. En outre, le président de l’Observatoire de la laïcité, Jean-Louis Bianco, a une conception de sa mission assez élastique avec le religieux. Dénonçant les « laïcistes intégristes », il se pose comme un défenseur du dialogue et de l’ouverture : « Il n’y a pas deux lignes concernant la laïcité, juste des sensibilités différentes, et c’est notre richesse (Article : « Jean-Louis Bianco navigue en eaux troubles » par Alain Léauthier).

            Ainsi, cette soi-disant valeur française qui divise la droite comme la gauche (en semant la pagaille dans chaque camp) n’est qu’un « instrument politique » apte à divers amalgames et permissible à toutes les manipulations. Facteur de discorde, variant du caractère mou à dur, celui de positif  à négatif, tout en se déclarant « neutre », le pauvre citoyen n’y voit que du feu, là où sourdent l’agressivité, la provocation et la haine. Le gouvernement paraît être entravé dans les controverses contradictoires, gêné dans ses actions sécuritaires. 
            Dans ce contexte et à l’heure actuelle, la laïcité dans l’enseignement scolaire s’avère un sérieux danger. Elle ne fait que compliquer encore les relations familiales, déjà difficiles avec les enfants en période pubertaire. La communication entre enseignants et enseignés en pâtit de même. En outre, il y a souvent des conflits entre les parents avec les enseignants de leurs enfants. Quand un grand nombre de parents se sentent « dépassés » dans l’éducation de leurs enfants, certains rejettent souvent la faute sur les enseignants, surtout les novices, qui se trouvent eux-mêmes « dépassés » dans leur profession.
            Pour l’enseignant la tâche n’est pas facile. Plusieurs questions se posent :
- Comment ne pas déconsidérer les enfants qui n’ont pas de religion, quand le programme porte essentiellement sur les monothéismes ?
- Comment rester absolument neutre et ne pas faire passer ses propres convictions (même inconsciemment) dans son exposé ?
- Comment éviter les dérives communautaristes lors des cours ?
- Faut-il faire lire les textes d’une religion par celui ou celle qui y adhère ?
            Du côté des élèves, les défenseurs de cette valeur controversée y trouvent quand même un côté positif même si la laïcité est plutôt comprise comme une tolérance de la diversité religieuse.
            Pour Jean-Paul Willaime, directeur de l’Institut européen en sciences des religions, cette « perception positive du fait religieux doit être relativisée. Car seulement un tiers des élèves considèrent que la religion est un thème important. » (Source Wikipédia).

            Il en reste les deux tiers qui sont en désaccord avec leurs enseignants et avec leurs parents. Désemparés, ce grand nombre d’élèves et d’étudiants ne trouvent pas un lieu où ils pourraient s’accrocher, car ils ne savent pas que la religion est un moyen, une perche leur permettant d’accéder à Dieu, à un divin coexistant avec un démon à l’intérieur de chaque être humain. Dès l’enfance, ils n’ignorent pas le bien et le mal, mais ce sont leurs pulsions diverses qui les égarent. Et tant qu’ils n’arrivent pas à les maîtriser, ils ont toujours besoin d’un appui, d’une aide, pour s’épanouir, afin d’intégrer le divin en lui, le seul capable de combattre le démon intérieur.

À lire les notes de l'année précédente :
1.- 16 mai 2015 - Religion - Laïcité et Etat
2.-  02 juin 2015 - Laïcité et Croyance

Ci-dessous : Photo François Lochon/gamma
Manifestants pour l'école libre le 14 juin 1984 à Paris
("Marianne" 29 janvier au 04 février 2016)
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            15 mai 2016 - Essai sur l'inconscient
            Dans une librairie de Lausanne, sur les rayons réservés aux sciences humaines, j'ai trouvé par hasard un petit fascicule : "L'inconscient expliqué à mon petit-fils"  d'Elisabeth Roudinesco, psychanalyste et biographe de Sigmund Freud..
            Comme j'ai 5 petites-filles, dont l'une d'elles vient de commencer l'étude de la psychologie, j'achetai avec un certain plaisir ce petit livre sans le feuilleter d'avance.
             De retour à mon domicile je l'ai parcouru attentivement. Vers la fin je suis un peu déçu, car l'auteur répète trop fidèlement toutes les théories de son Maître.
            Je suis aussi un "élève" de Freud, pour ses conceps sur la "résistance", le refoulement", la "conversion", ainsi que ses analyses sur "les mécanismes de défense du moi" qui m'ont appris à mieux connaître "le non-moi" du bouddhisme. En Asie, il y a ce précepte chinois : "un seul mot fait un maître" (nhất tự vi sư). Or Sigmund Freud m'a fourni (à travers son œuvre) de nombreux enseignements à expérimenter et à approfondir pour enrichir mes connaissances en sciences humaines.
            En général, un Maître, un génie ou un prophète se garde de dire tout ce qu'il pense. C'est aux élèves ou aux disciples de découvrir le "non-dit", car la vérité, comme l'a dit Lao-tseu, est inexprimable.
            Pour comprendre la pensée de Freud (1856-1939), il est nécessaire d'examiner son comportement avec son plus proche disciple Georg Groodeck (1866-1934), son cadet de 10 ans.
            Ce dernier, non seulement lui vouait une admiration profonde, mais le traitait comme une mère, se conduisait comme un enfant qui avait peur de perdre l’amour maternel : "Je ne vous lâcherais pas. Je m’agrippe très fort, de sorte que cela me coûterait un morceau de peau, si j’étais jeté bas." (Lettre de Groddeck à Freud, le 20 novembre l920). Et dix ans après, il relança : "Mon Maître vénéré et être humain ardemment aimé." (Lettre de Groddeck à Freud, le 1er septembre l930).
            Groddeck se sert des idées de Freud pour développer les siennes propres qui ne semblent pas compatibles entre elles : elles ne se contredisent sur rien d’essentiel, mais divergent sur le fond par la pratique.
            De son côté, pour son deuxième topique, Freud a emprunté le concept du Ça de Groddeck, en modifiant toutefois considérablement le sens originel de ce terme. Pour Groddeck, Das Es représente la force inconnue qui gouverne les individus et qui est à la source de toutes les maladies physiques. Freud en fera le réservoir des pulsions de la psyché, tout en se gardant de critiquer l'approche psychosomatique de Groddeck.
            En 1917, Freud écrivit à Groddeck : "Vous me priez instamment de vous confirmer de façon officielle que vous n’êtes pas un psychanalyste, que vous n’appartenez pas au groupe de mes disciples, mais que vous pouvez prétendre avoir une position originale, indépendante […]. Je suis obligé d’affirmer que vous êtes un superbe analyste qui a saisi l’essence de la chose sans plus pouvoir la perdre."
            Pourtant, Groddeck s'était lui-même défini comme un "analyste sauvage" pour préserver son indépendance et surtout sa liberté d'expression. Dans sa verve habituelle, il ne ménageait pas son Maître en disant de la Métapsychologie que c’est "une plaisanterie du ça prise scientifiquement", ou écrivait que "dans sa conception psychosomatique, il n’y a pas de place pour la deuxième topique freudienne" ("La maladie, l’art et le symbole" Gallimard 1969).
           Au sanatorium à Baden-Baden, Groddeck avait prononcé durant trois ans sans discontinuer (de 1916 à 1919) 115 conférences psychanalytiques pour les malades de son établissement. C’était un lieu où il pouvait facilement laisser parler son ça, dit-il, donner libre cour à ses fantasmes débridés, à son délire métaphorique, à sa fouge interprétative, en mettant le tout sur le dos de Satan.
            Les conférences thérapeuthiques pour les patients de son établissement étaient transformées en une revue hebdomadaire interne du sanatorium sous le titre de Satanarium  (Wikipedia).
            Freud tolérait et appréciait les écrits provocateurs de Groddeck ; il avait assez d’humour malgré son apparence de sévérité, savait que son disciple disait tout haut ce qu’il pensait tout bas et qu’ils étaient tous les deux sur la même longeur d'onde. En acceptant le Satan de l’autre, il reconnaît le Satan en lui, englobant ainsi implicitement le Satan dans le Moi-ça. D'où cette expression : "le moi n'est pas maître en sa propre maison" (Introduction à la psychanalyse 1917).
            Cela signifie-t-il que la conscience "moi-je" est dominée ou occupée par son inconscient pulsionnel qui n'est autre que Satan, le démon ?
            Et qui pense au "démon" pense automatiquement à Dieu ou le divin. Pourtant, Freud n'exprime pas explicitement cette force supérieure.
            Pour Freud, l'esprit est un flux continu d'énergie circulant dans l'appareil physique, des forces opposées donnant naissance à des tensions, des conflits psychiques. Au sein de l'appareil psychique, l'inconscient constitue un réservoir, dont certaines des énergies qui s'y trouvent tendent à passer dans le conscient. Les deux sources pulsionnelles chargées de plaisir et de déplaisir, ne sont pas mesurables.
            Donc, pour Freud, l'inconscient n'est qu'une entité existentielle limitée. Il se garde de toucher aux instances supérieures (dieu ou divin).
            Dans la métapsychologie freudienne, le concept de l’Idéal du Moi (allemand : Ichideal) désignant les valeurs positives auxquelles aspire le sujet, est lié au narcissisme comme celui du Moi idéal, désignant une instance reposant sur un idéal de toute-puissance infantile fondée sur le narcissisme infantile.
            Freud souligne lui-même qu’il s’agit seulement de métaphores se rapportant à un univers fantasmatique, sans aucune valeur du point de vue de la connaissance, valables seulement sur le plan pratique.
            C'est pourquoi il n'a pas réagi quand Groddeck dit que "La métapsychoogie est une plaisanterie du ça prise scientifiquement".
            Freud ne dit pas toujours ce qu'il pense. Une de ses citations révèle sa pensée secrète : "L'inconscient s'exprime à l'infinitif." Le terme d'"infinitif" vient de infinitivum verbum, ce qui signifie "qui n'a pas de contour précis".
            L’infinitif est un mode impersonnel et intemporel. Il exprime l’idée de l’action, sans indication de personne ni de nombre, ni de temps, ni si elle est réelle ou non. Dans ce contexte, Sigmund Freud aborde l'Inconscient essentiel, loin de l'autre inconscient libidinal qu'on lui attribue souvent.
            En outre, il admet implicitement la définition de Groddeck du çaDieu/Nature (sous l'influence de Goethe et de Spinoza ?).
            Ainsi, "Le chercheur d'âme", roman psychanalytique de Goddeck (publié par Psychoanalytischer Verlag 1921) fut fort apprécié par Freud qui le compare au Don Quichote de Cervantès (bien plus qu'il ne le sera plus tard par "Le Livre du ça", du même auteur).
                                                                                                                                                 
            Quant au problème de l'entité essentielle, il est nécessaire de savoir ce que c'est "la Conscience":
            Selon la définition du site Psychologies.com : "La conscience est la capacité de se percevoir, s'identifier, de penser et de se comporter de manière adaptée. Elle est ce que l'on sent et ce que l'on sait de soi, d'autrui et du monde. En ce sens, elle englobe l'appréhension subjective de nos expériences et la perception objective de la réalité."
            À mon avis, cette définition ne s'applique qu'à l'entité existentielle. Chaque individu détient "sa conscience propre" issue de son vécu, de ses expériences passées, comme chacun possède "sa vérité" ; ainsi, il ne peut pas accéder à une perception objective de la réalité. Il ne sait rien encore de soi, d'autrui et du monde en général. Il doit se construire, en apprenant à "devenir".
            C'est pourquoi le philsophe André Comte-Sponville a remarqué que c'est "l’un des mots les plus difficiles à définir". Cette difficulté se heurte en effet à la problématique d’une conscience tentant de s’auto-définir. En effet, la possibilité qu’aurait la faculté de discerner de se discerner elle même ne fait pas consensus, et connaît même des détracteurs dans des courants de pensée fort éloignés. Ainsi les bouddhistes formulent l’adage selon lequel "un couteau ne peut se couper lui-même", tandis qu’Auguste Comte a assuré que personne "ne peut [...] se mettre à la fenêtre pour se regarder passer dans la rue" (Wikipedia).

            La conscience de son vécu est donc une conscience existentielle, temporelle, liée au passé par son "karma". C'est le "Moi-ego" qui englobe l'inconscient cité par Elisabeth Rudinesco, le "ça" des pulsions diverses dont la plus puissante est d'ordre sexuelle.
            Cette théorie de Freud fut suivie par Lacan : "La réalité de l'Inconscient, c'est - vérité insoutenable - la réalité sexuelle." (Citation).
            Or pour Carl Gustave Jung, fondateur de la psychologie des profondeurs, l'inconscient n'abrite pas seulement la libido mais auusi le divin, et invente le concept d'"inconscient collectif " entité existentielle, et ajoute celui du "subsconscient".
            Paul Diel (1893-1972) monte un degré plus haut avec le "surconscient", ce qui sublime le conscient, qui le transcende. C'est l'entité essentielle, le divin.
            Philosophe de formation, Paul Diel est un psychologue français d'origine autrichienne mort à Paris en 1972. Il est né à Vienne en 1893 de mère allemande et de père inconnu. Orphelin à 13 ans, Paul Diel passe huit ans dans un orphelinat religieux avant de commencer un parcours d’autodidacte.
            Ses travaux sont remarqués dès 1935 notamment par Einstein qui lui a écrit : "Votre oeuvre nous propose une nouvelle conception unifiante du sens de la vie et elle est à ce titre un remède à l'instabilité de notre époque sur le plan éthique." (Wikipedia).

            L’intuition d’un savoir intérieur caché n’est pas récente. Au IVe siècle, les rabbins, auteurs du Talmud, l’un des textes majeurs du judaïsme, avaient déjà compris que nos songes nous parlent de nos aspirations secrètes et de nos désirs inavouables. Du côté des philosophes, au XVIIIe siècle, Spinoza déplorait que les causes véritables de nos actions nous soient presque toujours cachées. Leibniz, dans ses Nouveaux Essais sur l’entendement humain (Flammarion 1990), émettait l’idée de « petites perceptions inconscientes » influençant notre pensée. Toutefois, pour la philosophie, qui idéalise la conscience et la rationalité, l’inconscient ne recèle aucun savoir intéressant : c’est le lieu d’un manque, d’une confusion qu’il convient de balayer.
            Le terme apparaît formellement un siècle plus tard. Selon le philosophe Schelling, l’inconscient est un élan vital qui unit les profondeurs de l’esprit et la nature. Schopenhauer, dans Le Monde comme volonté et comme représentation (Gallimard 2009), imagine des forces inconscientes qui régiraient à la fois les hommes et l’univers. Nietzsche, lui, a l’intuition d’un soi invisible - "maître plus puissant que le moi" qui est le guide qu’il nous faut écouter, car le conscient est un "état personnel imparfait". A la fin du siècle, c’est aux médecins de s’en emparer en soignant les malades mentaux par l’hypnose. En 1889, Freud, lors d’un voyage à Nancy, observe son confrère Hippolyte Bernheim qui traite par cette méthode ses patients névrosés. Ces expériences lui permettent de réaliser qu’un autre moi coexiste avec la personnalité consciente. Pour désigner ce dernier, le psychologue Pierre Janet invente le terme de "subconscient" en 1889 dans son ouvrage L’Automatisme psychologique (L'Harmattan 2005). Mais, comme tous les psys de son temps, il pensait que cette part inconsciente était un état pathologique, le signe d’une dissociation psychique, d’une névrose grave. Aucun d’eux, Freud excepté, ne comprend que nous possédons tous un inconscient (psychologies.com, Février 2011, par Isabelle Taubes).

            En réalité, chez chaque être humain, le conscient, l'inconscient, le subconscient, le surconscient, … le surmoi, le moi, le ça, se confondent dans un emsemble mouvant, en perpétuel interaction. Tout cela crée une tension insupportable que, selon le degré de souffrance, l'individu doit recourir aux neuroleptiques, aux drogues, à l'alcool, qui n'ont qu'un effet temporaire. Il faut augmenter la dose pour avoir un certain effet et les prendre constamment. C'est la cause primordiale de toutes les formes d'addiction. Tenter de fuir à tout prix une réalité psychique difficile à endurer …

            Cette réalité psychique n'est autre que la lutte entre l'être humain et son démon, le moi et ses diverses pulsions (Pouvoirs - Argent - Sexe).

            Je ne sais par quel cheminement ma pensée me conduit à ce titre d'un livre intitulé : "Le combat avec son démon" ("DER KAMP MIT DEM DÄMON", Stefan Zweig, Edit. S. Fischer Verlag, Franfort-sur-le-Main, 1951, traduit en fançais par les Edit. Pierre Belfond).    
            Stefan Zweig, né le 28 novembre 1881 à Vienne, en Autriche-Hongrie, et mort par suicide le 22 février 1942, à Petrópolis au Brésil, est un écrivain, dramaturge, journaliste et biographe autrichien (Wikipédia).
             Chez ce romancier, c'est son grande acuité psychologique qui m'intéresse, et sa fin tragique qui m'intriguait un certain temps. Et je préfère ce terme de "démon" à celui de "diable".
           Dans l'introduction de cet ouvrage, l'auteur fait l'apologie de Johann Wolfgang von Goethe (1749 -1832), le démoniaque lucide qu'il met en oppposition avec ses trois personnages démoniaques exaltés : Kleist, Hölderlin et Nietzche.
            Il décrit Goethe comme une nature conciliante, qui désire l'accord et l'harmonie, "qui n'est pas esclave de son démon mais son maître, commande la poésie et modèle l'incommensurable" (page V, opt.cit.).
            Goethe qui croit dès son jeune âge à une force supérieure (les dieux ou le divin), tend vers un universalisme religieux dans un grand respect du sacré. Ses contemporains le surnomment alors : "Le vieux sage athée".
            Dans son poème Les Mystères (1784 - 1785), Goethe pose un personnage, Humanus qui contient toutes les religions … Le Maître qui initie un jeune adepte s’est soumis à une règle : "Du pouvoir qui entrave tous les êtres, seul se libère l’homme qui se maîtrise" (en dominant ses pulsions diverses). 
            Et dans une citation :
            "Les pauvres gens ne soupçonnent jamais le diable, quand même il les tiendrait à la gorge."  (Johann Wolfgang von Goethe / Faust).                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                           
           Ainsi, pour soumettre le démon, seule une force supérieure (le divin coexistant avec lui dans l'être humain) peut mener le combat contre le démon et non pas avec le démon.
            Le fait de concevoir "un combat avec le démon" suggère que le combattant considère ce dernier comme un allié : en faisant un pacte avec le diable. Dans cette soumission, c'est ce dernier, plus fort, qui va le tenir à sa merci ! 
           

            C'est pour avoir pactisé avec le mauvais génie cartésien que le célèbre romancier et nouvelliste Stefan Zweig a trouvé une fin tragique comme les trois personnages qu'il avait si bien décrits (analysés) dans son ouvrage à succès.

            À lire : page  /2.-le-conformisme-le-sacr-c3-a9-et-l-eveil (2.-Le Conformisms, le Sacré et l'Eveil).

                    20.avril 2016 - Le suicide et le "Moi-Ego"
            Ce matin du vendredi 8 avril, sur la Place Haldimand de Lausanne, j'ai pris par curiosité une invitation à une conférence à Genève chez un distributeur de prospectus.
           Le sujet est "NON AU SUICIDE" (Photo ci-contre).
           La date de la conférence est fixée au 24 avri 2016 à Thônex, rue de Genève 96.
           
            En ouvrant, sur la page 2 : 
           "Dites NON au suicide !"
           Plus de mille personnes ont pu participer à l'évènement Suicide NON.
            Dans cette conférence nous avons abordé les principales raisons qui poussent une personne à vouloir mettre fin à sa vie, comme la sensation d'être un poids, le dégoût de vivre, le manque d'espoir.
            Ces raisons sont causées par les problèmes et font que les personnes ne voient plus aucune solution.
            Des milliers de personnes ne connaissent pas la vraie raison de vivre, et essayent de s'en sortir toutes seules, mais n'arrivent plus à projeter ni leurs objectifs ni leurs rêves.
            C'est pour cela que nous vous encourageons à être présent lors de ce prochain mouvement où vous aller découvrir pas à pas comment vaincre cette situation.
           
            À la page 3 
            Un suicide avorté 
            J'étais une personne angoissée, démotivée et avec beaucoup de tristesse. Même avec une famille et des amies qui m'aimaient, j'avais du dégoût de moi-même et honte de sortir, je m'isolais et je ne voulais pas écouter les conseils des autres personnes, je restais fixée dans mes pensées négatives. À cause de cela je n'avais plus de joie de vivre, plus d'objectifs ni de rêves. J'ai tenté de me suicider cinq fois. À la dernière tentative, j'étais prête à sauter de mon appartement du treizième étage, suspendue à mon balcon. Heureusement mon fils a pu arriver à temps et me dissuader de faire cela. Aujourd'hui tout cela est du passé, j'ai appris à m'aimer et j'ai retrouvé une raison de vivre. Maintenant j'ai connu le Centre d'Accueil Universel et j'ai des projets pour ma vie et pour ma famille (confession de Céleste)suicide avorté : J'étais une personne angoissée, démotivée et avec beaucoup de tristesse. Même avec une famille et des amies qui m'aimaient, j'avais du dégoût de moi-même et honte de sortir, je m'isolais et je ne voulais pas écouter les conseils des autres personnes, je restais fixée dans mes pensées négatives. À cause de cela je n'avais plus de joie de vivre, plus d'objectifs ni de rêves. J'ai tenté de me suicider cinq fois. À la dernière tentative, j'étais prête à sauter de mon appartement du treizième étage, suspendue à mon balcon. Heureusement mon fils a pu arriver à temps et me dissuader de faire cela. Aujourd'hui tout cela est du passé, j'ai appris à m'aimer et j'ai retrouvé une raison de vivre. Maintenant j'ai connu le Centre d'Accueil Universel et j'ai des projets pour ma vie et pour ma famille (confession de Céleste).

            À la page 4
            Situation en Suisse
            L'argent ne fait pas le bonheur, malgré ce que dévoilent les résultats d'une étude sur le bonheur publiée récemment à New York. Selon cette enquête, la Suisse est un des pays les plus heureux du monde. Mais est-ce vraiment le cas ?
            En tête des classements, elle affiche une des économies les plus compétitives au monde, capables d'offrir un haut niveau de prospérité économique à leurs citoyens. Bien que la prospérité économique, l'emploi, l'efficacité des institutions politiques et l'accès à des services sociaux de qualité soient des facteurs ayant une répercussion directe sur le niveau de vie, ils ne garantissent pas automatiquement le bonheur à long terme. Le suicide est perçu la mort chaque jour en Suisse, avec des méthodes différentes. La plus utilisée est la pendaison, suivie ensuite par le recours à l'arme à feu dont la Suisse est le premier détenteur mondial. On trouve aussi l'intoxication au moyen des médicaments, le saut dans le vide et les suicides sur la voie qui sont de plus en plus fréquents.
            Le suicide cause une mort chaque 40 secondes dans le monde, selon l'Organisation Mondiale de Santé (OMS).

            À la page 5
            Les confidences
            "À l'âge de 12 ans j'ai été violée"
             "Durant mon enfance, je vivais une vie de souffrances, mon père avait le vice des jeux et nous avions beaucoup de dettes, ce qu'il essayé de payer en vendant le corps de ses fils ... À l'age de 12 ans j'ai été violée et j'ai tenté de me suicider en mangeant de bouts de verre d'une lampe cassée. Les violences persistaient même après mon mariage et en étant enceinte. Aujourd'hui j'ai envie de vivre et mon passé douloureux a été changé dans une vie heureuse !" (Esperança et Carlos).
            "J'étais prête à me tuer"
            "Après un divorce et un licenciement, j'ai fini par perdre mon appartement. Suite à tous ces problèmes je ne voyais plus d'issue. C'est là que l'envie de me suicider est venu, j'été prête à me tuer et à me jeter dans le lac avec ma fille, mais heureusement le même jour j'ai reçu une invitation pour venir au Centre d'Accueil Universel, et depuis ma vie a changé !"  (Solange).
            "J'ai voulu tuer mes enfants"
             "À cause des problèmes que mon fils avait à l'école, il y avait beaucoup de conflits dans ma maison, un jour n'en pouvant plus de cette situation j'ai voulu mettre fin à tout cela. J'ai voulu me suicider et tuer mes enfants en les faisant boire de la javelle, mais en appelant le CAU j'ai reçu de l'aide pour ne pas commettre cette abomination. Aujourd'hui moi et ma famille nous avons la paix." (Brigitte).

            Page 6
            La fin du suicide
            C'est pour aider ceux qui se trouvent au bord du gouffre et pour montrer qu'il existe un pont sur ce précipice que cette deuxième conférence sera réalisée, où on vous enseignera les points principaux que vous allez devoir mettre en pratique. Croyez, cette date restera marquée, ça sera le commencement d'une nouvelle vie. Alors ne perdez plus de temps et venez vous libérer de la dépression, des problèmes, des envies de suicide et de tout ce qui peut tuer vos rêves.
            Libérez-vous de la dépression, des problèmes, des envies de suicide et de tout ce qui peut tuer vos rêves et venez vivre une vie comblée et heureuse pour vous et pour ceux qui vous aimez ; OUI, cette vie que vous désirez tellement !

            Enfin à page 7
            Copie d'un formulaire avec invitation à ladite conférence.
            Commentaires
            D'après mes expériences professsionnelles (et vécues), j'ai réalisé que les tentatives de suicide et le passage à l'acte ont pour origne dans la psyché de chaque individu, liée au problème du Moi existentiel. Or littéralement, le mot "suicide" (vient du latin suicidium, des mots sui : "soi" et caedere "tuer") est l’acte délibéré de mettre fin à sa propre vie. La vie du "soi" ou la vie du "corps" ?
            Il y a là une ambiguité ou une confusion dans l'interprétation du soi (moi essentiel) ou du moi-ego (moi existentiel).
            Carl Gustave Jung distinguait l’ego du soi dans son concept d'individuation (autoconstruction de l'être).
            Sigmund Freud a délogé le sujet de lui-même, "le moi n'étant plus maître en sa propre maison".
            De même, aux U.S.A., le psychanalyste Donald Woods Winnicott (1896-1971) a réalisé que "le moi est un faux-self ".
            Ces trois comtemporains ont rejoigné la doctrine de Siddhartha Gautama (VIᵉ siècle av. J.-C.), celui qui a enseigné que le mot "bouddha" signifie éveillé, celui qui réalise que l’ego n’est pas le vrai moi.
            De même, Jacques Lacan en est convaincu malgré ses fréquentes provocations sur d'autres sujets.

            Le principal acteur en cause
            Dans ce contexte, la tentative de suicide et le passage à l'acte visent à tuer le moi-ego (existentiel) et non le moi essentiel qui est immanente, intouchable.
             En général, le suicidaire voudrait donc "éliminer son moi-ego" quand il se sent humilié ou blessé dans son "amour propre"(son estime) ou qu'il déteste les pulsions qu'il est incapable de maîtriser.
            Il ne pourrait supendre sa tentative que s'il arrive à reconnaître que dans son être coexistent le moi-esssentiel (le divin) et le moi-existentiel (le démon) qui n'est autre que le moi-ego, le moi-narcissique, ou pulsionnel.
            Car seul le divin intérieur est susceptible de contrôler ou dompter le démon moi-ego !
            Le fait d'admettre cette réalité n'est pas facile pour les thérapeutes.  C'est la situation  d'un chercheur de la physique classique qui veut expérimenter la physique moderne (théorie quantique) en se fondant uniquement sur ses acquis concernant la géométrie euclidienne et la mécanique newtonienne. Evidemment, le physicien va se buter sans cesse aux paradoxes dans ses recherches.
            Eintein l'a déjà remarqué : "Il est plus facile de briser un noyau d'atome qu'un préjugé" (opinions ou concepts acquis). 
           
            À lire : /3.-le-conformisme-le-sacr-c3-a9-et-l-eveil (3.- Le conformsme, le Sacré et 'Eveil. ).

                  10 avril 2016 - Tentatives de suicide - Prévention
                        Vu sur l'écran internet de Swisscom le 8 février 2016 :
        Tendances suicidaires : les abeilles pourraient les expliquer et les prévenir
                     (Elodie France / AllTheContent News Agency 08.02.2016)





  Le comportement des abeilles en groupe pourrait aider à comprendre les pensées suicidaires.
(Photo : AllTheContent / RPN / Pixabay)

            Le comportement suicidaire chez les Hommes et les pensées morbides pourraient être le résultat d'un dysfonctionnement dans le même circuit neurologique que celui utilisé par les abeilles quand elles se sacrifient pour le bien de leur colonie. Une découverte majeure pour la prévention et le traitement des tendances suicidaires, selon la communauté médicale internationale.
            Un groupe de chercheurs en psychologie et en psychiatrie, dirigé par le docteur Thomas Joiner, aux États-Unis, vient d'établir un lien entre les tendances suicidaires chez l'être humain et le comportement de sacrifice personnel que certaines espèces animales, comme les abeilles et les fourmis, développent dans des organisations de type eusociale.
            En effet, chez les abeilles, l'organisation en colonie implique un certain nombre de comportements destinés à assurer le bien-être et la survie du groupe entier. Soins des plus jeunes, division du travail et défense de la colonie au péril de leur propre vie sont des caractéristiques développées par les abeilles en colonie et que l'on retrouve chez les humains.
            C'est en partant de ce constat que l'équipe de Thomas Joiner a pu établir un parallèle entre le comportement sacrificiel de l'abeille, dont le but est de préserver la colonie et la descendance, et les tendances et pensées suicidaires chez l'Homme.
             Ainsi, selon les scientifiques, le suicide au sein de l'espèce humaine serait une déformation pathologique du concept de sacrifice personnel : les pensées suicidaires conduisent les malades à croire qu'ils sont un fardeau pour la société et que leur entourage se porterait mieux sans eux.

            Un pas vers le traitement des tendances suicidaires ?
            Selon Thomas Joiner, «L'idée que le suicide chez l'être humain trouve son équivalent chez l'abeille est quelque chose de très prometteur en termes de compréhension des mécanismes en jeu. Jusqu'à présent, le suicide constituait un phénomène déroutant, car inexplicable du point de vue biologique, mais nos recherches pourraient ouvrir la voie à de nouvelles découvertes qui permettraient de prévenir cette grave souffrance.»
            Après s'être intéressé au comportement des abeilles, le groupe de recherche de Thomas Joiner tente désormais de découvrir chez les insectes, au niveau cérébral, quels circuits neurochimiques et neuropsychiques sont impliqués dans le déclenchement du comportement sacrificiel. En effet, si un tel mécanisme existe chez l'animal, il y a de fortes probabilités de le retrouver également chez l'Homme, et donc de pouvoir, à l'avenir, agir sur lui pour améliorer la prévention du suicide, voire traiter les tendances suicidaires efficacement.
            Même si la théorie reste pour l'instant hypothétique, elle retient cependant l'attention de la communauté médicale internationale : depuis quelques années, le nombre de suicides atteint des niveaux dramatiques, notamment chez les plus jeunes. Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), depuis 2012, un suicide a lieu toutes les 40 secondes dans le monde. En Suisse, l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) estime à 4 par jour, le nombre de décès dus au suicide, ce qui place la Confédération parmi les pays dont le taux de suicide est plus élevé que la moyenne européenne.

            Commentaires
            A premmière vue, le fait de comparer le comportement humain avec celui d'abeille n'est pas crédible (comme celui des humains avec les animaux).
            D'abord, les animaux sont des espèces qui ont atteint leur niveau d'achèvement (photos ci dessous), tandis que les humains, nés démunis, sont des "êtres en devenir" c'est-à-dire "étant encore dans un processus d'évolution."
            Malgré ce niveau d'imperfection, ces derniers sont dotés d'un privilège qui est en même temps une malédiction : le pouvoir de créer et celui de détruire et de se détruire.
            Chez les animaux c'est plutôt instintif avec une conscience collective, ne rêvant pas de dominer la Nature, ni leur espèce.
            Les humains possèdent en plus une conscience individuelle qui peut évoluer dans le sens positif comme dans le sens négatif, passant de l'exaltation à la dépression, du génie à la pure bêtise ...
            Par leur instinct de survie, "Tous les animaux connaissent ce qui leur est nécessaire, excepté l'homme" (Pline l'Ancien) tandis que les humains ont tendance à dépasser les limites. C'est à la fois une qualité et un défaut.
            Selon le sociologue français, Emile Durkheim (1858-1917) "Les animaux ne se suicident pas", pensant qu'ils n'ont aucune conscience de la mort. Ou plutôt qu'ils n'ont pas de conscience individuelle, n'ayant pas la peur de la mort.
            Les abeilles n'ont pas de surmoi, ni d'égo, leurs pulsions sont inctinctives, naturelles. Mâles et femelles ne cherchent pas le bonheur, ni les plaisirs, ni les performances. Excepté leur "reine", ils sont tous égaux et libres (leur organisation sociale, comme celle des fourmis, est toute différente de celle des humains). Leur vie n'est ni mauvaise, ni médiocre, ni belle,  les travailleurs ne connaissent pas la compétition, ni les  sentiments d'ennui, ni doués d'arrière-pensées ... 

            Si l'auteur de la théorie Thomas Joiner a constaté que : "Jusqu'à présent, le suicide constituait un phénomène déroutant, car inexplicable du point de vue biologique …" (sus-mentionné), ne pourrait-il pas aborder une autre voie, celle du "moi-ego" ? Est-il donc gêné par le diable ? *
            Albert Einstein a déclaré que "Science sans conscience est ruine de l'âme". Or, pour le moment, "Science sans conscience égare les chercheurs !". Dans leurs expérimentations, la conscience de certains "savants" semble rester encore inconsciente comme celle de la plupart des communs mortels.

           * À lire les pages : "Histoires d'animaux" , Le conformiste, le Sacré et l'Eveil, ainsi que la note précédente du 21 février 2016 - "La peur de la vérité".

                                          Merveilles de la nature
 

26 mars 2016 - Ressurection - Incarnation - Renaissance
                                        "Je vis sans vivre en moi,
                                          et telle est mon attente,
                                          que je meure de ne pas mourir."
                                         ("Nuage d'inconnaissance" Sant Jean de la Croix)
            A l'approche de la fête de Pâques, le magazine "L'HEBDO" du 24 mars a publié un article sur "Vie après la mort" avec un sondage : "Un quart de Suuisses croient en la réincarnation".
            Le sondage a été réalisé sur Internet du 19 au 22 février 2016 par l'institut M.I.S TREND à Lausanne pour L'Hebdo et il Caffè auprès de 1401 résidents suisses représentatifs âgés de 18 à 74 ans, soit 561 en Suisse romande, 546 en Suisse alémanique et 294 au Tessin. Marges d'erreur sur le total : +/- 2,6% (marges d'erreur sur les sous-groupes régionnaux : +/- 4,1% pour la Suisse romande et +/- 4,2% pour la Suisse alémanique et +/- 5,7% pour le Tessin).
            L'enquête comporte un texte de Philippe le Bé et des photos de Fred Merz.

     Voici d'abord les photos des schémas de photos de Fred Merz :

            Et voici quelques extraits du texte de Philippe le Bré :
            Ce n'est pas une mode éphémère mais bel et bien une tendance qui se confirme au fil des ans : les Suisses sont toujours plus nombreux à croire en la réincarnation et, a contrario, à douter de la résurrection des corps comme l'enseignent les Eglises chrétiennes, notamment catholique romaine et réformée. Comme le révèle notre sondage réalisé en février 2016, un quart des personnes interrogées pensent, avec plus ou moins de conviction, qu'à la mort du corps physique une conscience que l'on pourrait appeler «âme» quitte ce dernier pour venir habiter un autre corps après une nouvelle naissance. C'est 10% de plus qu'en 1995, selon un précédent sondage.
            Quant à la pensée chrétienne selon laquelle le Père céleste nous accueillera auprès de lui avec tout notre être - corps, âme et esprit - pour une vie éternelle, comme il a réveillé son Fils Jésus-Christ d'entre les morts le jour de Pâques, elle ne séduit plus qu'un dixième des personnes sondées, contre encore un quart il y a vingt ans.
            A des degrés divers, ce phénomène s'observe dans la plupart des pays occidentaux. Une enquête sociologique réalisée en 1990 sur les valeurs des Européens révélait déjà qu'en moyenne 21% des habitants du Vieux Continent croyaient en la réincarnation. Hier comme aujourd'hui, les femmes plus que les hommes, les moins de 30 ans plus que les plus de 50 ans adhèrent à ce processus de survivance après la mort.
            Plus étonnant encore, sans parler de réincarnation proprement dite, la croyance à une autre forme de vie de l'âme a bondi en vingt ans de près de 9% à 24% de personnes consultées en Suisse. Des films fantastiques comme Ghost, de Jerry Zucker, Contact, de Robert Zemeckis, La cité des anges, de Brad Silberling, ou encore plus récemment Interstellar, de Christopher Nolan, ont familiarisé l'opinion à l'existence de mondes parallèles, invisibles au commun des mortels, et dans lesquels les âmes peuvent consciemment évoluer ...
           
            Visions orientale et occidentale
            La réincarnation vue par les Suisses (et les Européens) d'aujourd'hui est différente de celle des Orientaux prend par ailleurs des aspects selon les différentes branche de l'hindouisme et du bouddhisme. De manière générale, le bouddhisme ne croit pas à l'existence d'une individualité propre. Selon lui, le niveau le plus subtil de notre conscience qui va d'une vie à l'autre après avoirabsorbé nos consciences sensorielles et mentales les plus grossières est un phénomène en perpétuel changement. Il ne peut dès lors être considéré comme une personnalité réelle. Par une suite de multiples réincarnations qui doivent libérer son "soi" du karma - ce cycle des causes et des conséquences qui additionne tout ce qu'un individu a fait, fait ou fera sur Terre - l'homme vise à se fondre un jour dans la grande âme de l'univers. Tous ses désirs se seront éteints, ce sera le nirvana. A ce jeu-là, revenir sur Terre n'est pas vraiment une partie de plaisir. Jusqu'à sa libération, l'homme se débat inlassablement, enchaîné dans la roue fatale des réincarnations.
           La vision occidentale contemporaine de la réincarnation est tout autre. Celle-ci n'est plus perçue comme un passage obligé de souffrance mais comme une chance, un parcours initiatique destiné à faire progresser l'être humain dans la voie de la connaissance. Ce n'est plus une roue qui semble ne jamais s'arrêter de tourner mais un escalier en colimaçon que l'on monte avec plus ou moins de bonheur selon son niveau de conscience. A l'image (quelque peu caricaturale) d'un acteur qui tantôt joue Le Cid, Don Juan, Jeanne d'Arc ou La mégère apprivoisée : il revêt des habits corporels variés au cours de ses différentes réincarnations mais demeure fondamentalement lui-même sans pourtant jamais être la même personne. Un étonnant paradoxe !
           La théosophie moderne, dont est notamment issu l'anthroposophe Rudolf Steiner (1861-1925), bien connu en Suisse par son enseignement spécifique, son agriculture biodynamique et ses produits cosmétiques Weleda, s'inscrit dans ce courant de pensée. Lequel rassemble bien d'autres mouvements comme celui des Rose-Croix ou de la Fraternité blanche universelle (FBU).  
 
            Quatres catégories d'êtres humains
            Feu Omraam Mikhaël Aïvanhov, spiritualiste et pédagogue bulgare inspirateur de la FBU et dont les nombreuses conférences sont publiées par les Editions Prosveta, aux Monts-de-Corsier (VD), est intarissable au sujet de la réincarnation. Il classe les êtres en quatre catégories : ceux qui ont accumulé de lourdes dettes dans le passé et qui doivent se réincarner pour les payer et réparer leurs méfaits. Leur vie n'est vraiment pas gaie. Ceux (la majorité d'entre nous !) dont l'ardoise est plus légère mais qui doivent cependant régler leurs factures. Leurs conditions de vie, qui ne sont nullement le fait du hasard, le leur permet. Ceux qui reviennent pour achever certaines tâches mais qui arrivent au bout de leur mission. Et enfin ceux qui, n'y étant pas obligés, s'incarnent cependant une nouvelle fois par compassion et par sacrifice, pour aider leurs prochains. Certains saint(e) s appartiendraient à cette catégorie.Cette croyance est en totale opposition avec la doctrine des Eglises chrétiennes. «L'écart est considérable entre réincarnation et résurrection. Il y va au fond de deux visions du monde, de l'histoire et de l'existence qui se révèlent en réalité assez radicalement incompatibles», souligne Mgr Joseph Doré, ancien archevêque de Strasbourg. Dès lors, les 67,5% de catholiques et les 53,9% de protestants qui, dans notre sondage, estiment qu'il est possible de se dire chrétiens tout en croyant à la réincarnation sont en total porte-à-faux avec leurs Eglises. En connaissance de cause ou par ignorance ? Les deux hypothèses sont plausibles. 
           
            Deux doctrines incompatibles
            En Suisse romande, François-Xavier Amherdt, prêtre du diocèse de Sion et professeur de théologie pastorale, pédagogie religieuse et homilétique à la Faculté de théologie de l'Université de Fribourg, considère lui aussi que réincarnation et résurrection ne sont pas compatibles. «Pour le christianisme, affirme-t-il lors d'une conférence donnée fin janvier 2012 à l'Université populaire d'Hérens, l'homme est pécheur mais un pécheur racheté : ma libération est l'œuvre du Christ, que je suis invité à accueillir, et non le fruit de mon ascèse ou de ma connaissance.» La loi du karma ? «Je suis sauvé par amour, je ne dois pas me sauver moi-même par mes propres forces et performances. Ce serait terriblement épuisant et angoissant (...) Dieu pardonne, tout son être est tendresse et miséricorde.» Dès lors, «ne vivre qu'une fois correspond au fait que le Christ nous a sauvés une fois pour toutes».
            Grande est la tentation de scruter la Bible pour y déceler l'esquisse d'une réponse. «Celle-ci ne connaît pas la réincarnation. Tout l'Evangile renvoie au fait historique de la résurrection du Christ», constate François-Xavier Amherdt. Cependant, au-delà des convictions divergentes, rien dans la Bible n'apporte la preuve formelle que la réincarnation existe ou non. Dès lors, toutes les interprétations sont possibles. Comme, par exemple, à propos de cette étonnante question posée par Jésus à ses disciples : «Qui dit-on que je suis?» Lesquels répondent : «Les uns disent que tu es Jean-Baptiste, les autres Elie, les autres Jérémie ou l'un des prophètes.» Et Omraam Mikhaël Aïvanhov de se demander comment on peut dire que quelqu'un est tel ou tel, qui est déjà mort depuis longtemps, si l'on ne sous-entend pas l'idée de réincarnation, une croyance qui selon lui était à l'époque de Jésus largement répandue en PalestineLe spiritualiste bulgare souligne que Jésus dit encore : «Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait.» Une telle phrase sous-entendrait également la réincarnation, le Christ ne pensant pas que l'homme soit capable de devenir parfait en une seule existence. A moins de manquer totalement de psychologie ou de sous-estimer le Père céleste, ce qui dans les deux cas semble bien improbable de la part du Nazaréen. Comme toute interprétation des textes sacrés peut être contestée, ce n'est sans doute pas demain la veille que l'on pourra démontrer par la raison laquelle de ces deux doctrines, réincarnation ou résurrection des morts (ou aucune des deux), correspond à la réalité. Tous les témoignages, hypothétiques, de personnes prétendant se souvenir de leurs vies passées n'engageraient qu'elles-mêmes et seraient scientifiquement invérifiables. Dans ce domaine, l'oubli reste une porte infranchissable. Les «réincarnationnistes» justifient cette absence totale de mémoire par une nécessité vitale dans l'évolution de l'humanité. Imaginez, disent-ils, que votre pire ennemi dans une existence antérieure se soit réincarné dans la peau de votre fils avec lequel vous devrez régler un profond différend. Mieux vaut ne pas le savoir, cela pourrait contrarier notre tâche de règlement pacifique de nos comptes !

            Vivre l'instant présent
            Pour les adversaires de l'idée de réincarnation, en revanche, qu'ils soient ou non athées, ce trou noir est bien la preuve qu'avant notre naissance et sans doute après notre mort nous n'existons tout simplement pas. Partisans de la réincarnation et ceux de la résurrection irréconciliables à jamais ? Il y a au moins un point sur lequel les deux peuvent s'entendre : c'est la conviction de vivre pleinement l'instant présent, comme s'il n'y avait ni d'hier ni de demain. «C'est déjà maintenant que nous sommes ressuscités, depuis notre baptême», dit François-Xavier Amherdt. «Ressusciter, c'est ouvrir à la vie divine des passages dans toutes les régions de notre être, car le propre de la vie, c'est de ne pas rester en place, mais de couler et de s'introduire partout pour tout renouveler», soutient de son côté Omraam Mikhaël Aïvanhov. C'est aussi ce que suggèrent six des huit personnalités dont L'Hebdo a recueilli les témoignages et qui n'adhèrent pas formellement à l'une ou à l'autre thèse. Avec cette perspective, la fête de Pâques qui célèbre la Résurrection prend une nouvelle dimension. La résurrection, avec un petit r, devient une affaire permanente, un renouvellement vital de l'homme dans ses dimensions physique, psychique et spirituelle, à l'image de l'éclosion des bourgeons à chaque printemps. Finalement, si nous parvenions à nous échapper, ne serait-ce qu'un court instant, de l'espace-temps qui est le nôtre, «cette bouillie d'où nous émergeons», comme le qualifiait le physicien et philosophe Albert Einstein, nous pourrions peut-être découvrir que, si le passé est mort et le futur non encore vivant, c'est bien parce que c'est ici et maintenant que se joue notre vie. Carpe diem !".

            Commentaires
            L'enquête par sondage a prouvé que diverses thèses ou interprétations se contredisent, entraînant des paradoxes et des doctrines incompatibles semant des doutes dans les 3/4 des autres sondés.
            La confusion vient du manque de clarté dans la signification des termes utilisés.
            D'abord, le mot "résurrection" invoque l'âme, mais quelle âme ?, existentielle ou essentielle ? C'est donc l'âme existentielle qu'il s'agit, car l'âme essentielle est immanente (Platon).
            Ensuite, le mot "incarnation" qui veut dire littéralement "descendre dans la chair", est défini par Larousse : "Acte par lequel un être spirituel, une divinité s'incarne ; forme sous laquelle cet être apparaît." C'est donc le divin, l'âme essentielle qui prend la forme humaine. Et celui de "réincarnation" : "migration de l'âme, qui, au moment de la mort, passe dans un autre corps". (hindouisme, jaïnisme, bouddhisme, …)
            Tandis que la "métempsycose" est la transmigration des âmes non seulement dans l'humain (réincarnation) mais encore dans le non-humain, dans un animal ou un végétal, voire un minéral. Cette croyance grecque, ègytienne, persienne, judaïque …) tire son origine dans les Upanishads, écrits hindous d'il y a 5'000 ans, mentionnent le noyau éternel de l'homme qui s'incarne pendant de multiples vies dans un corps physique.
            Le Bouddhisme (VIè siècle avant l'ère chrétienne) qui connaît aussi la réincarnation et la métempsycose y ajoute le principe de "non ego" (anatta) en démontrant que le "Moi existentiel" (moi-ego), découlant du "Karma", n’a pas d’existence propre. Il n’est qu’une "construction" composée d’éléments qui ne lui appartiennent pas, qui sont empruntés, qui sont sous la dépendance d’êtres ou d’objets extérieurs.
            Selon Bouddha, la souffrance vient de cette "ignorance", qui ne voit pas que l’être humain est né "conditionné", enchaîné par son "karma", dépendant d’un Moi illusoire, non permanent, qu’il tient cependant pour son Moi véritable, pour sa nature originelle.  
            Reconnaître ce fait pour sortir de ce conditionnement, de son ignorance, c’est parvenir à "l’éveil" (et non "l'illumination" selon le terme ulilisé en Occident).
            L'éveil  peut permettre à l’être humain de se libérer de la soi-disant "roue de renaissance" en gérant le karma des vies précédentes. Il peut alléger son karma par des actes positifs ou créatifs pour parvenir à la sérénité, en vivant selon le "dharma"" (lois bouddhiques), comme il peut l'alourdir par des comportements négatifs ou destructifs. Par conséquent, cet héritage des actes passés, lié par la "loi de causalité", représente une force d’inertie qui empêche l’être humain de vivre pleinement son existence, et de cultiver la paix avec ses semblables.
            La vision occidentale contemporaine de la réincarnation et la théosophie moderne sont conscients de l'aspect négatifs du karma mais n'aborde pas sérieusement le "moi-égo" (ego-démon) et semblent ignorer le processus de sa "renaissance" (deuxième naissance du moi).
            Pour être "né deux fois", il faut mourir deux fois. La seconde mort est naturelle, personne n’y échappe, tandis que la première est un acte individuel, une réalisation personnelle. Selon le psychologue suisse Carl Gustave Jung (1875-1961), la psychothérapie a pour but d’accélérer ce processus d’individuation afin que le patient puisse mourir pour renaître une seconde fois (c’est pour Jung la vraie résurrection selon l’Evangile.)    
           Au siècle des lumières, l'écrivain Voltaire (1694-1778) a déjà parlé de cette deuxième renaissance : “La résurrection est une idée toute naturelle ; il n’est pas plus étonnant de naître deux fois qu’une.”  (Citation).
            Or, “Nul ne voudrait mourir, nul ne voudrait renaître.” (Voltaire / Poème sur le désastre de Lisbonne).
           
            Le fait de vivre le présent en suivant cette locution latine "carpe diem" d'Horace  s'avère une fuite, car le présent est lié au passé et programme le futur.
            D'ailleurs, “Si les hommes étaient assez malheureux pour ne s’occuper que du présent, on ne sèmerait point, on ne bâtirait point, on ne planterait point, on ne pourvoirait à rien : on manquerait de tout au milieu de cette fausse jouissance.” (Voltaire / Lettres philosophiques).
           
            Il est temps de se réveiller, car “On ne peut vivre dans le monde qu'avec des illusions ; et dès qu'on a un peu vécu, toutes les illusions s'envolent.” (Voltaire / Correspondance).
            Cependant, "… ces illusions deviennent des illusions dangereuses quand elles commencent à cesser de faire illusion. Le réveil de ce genre de rêve est un cauchemar." (Paul Valéry, "Mauvaises pensées" Edit. NRF, 1942).
            Enfin, "L'espoir fait vivre, mais comme sur une corde raide." (Paul Valéry. "Mauvaises pensées et autres" NRF, 1941).
           Je pense à ces trois petits vers de saint Jean de la Croix au début de ce texte.
           
             Lausanne
             Pâques 2016
           
            A lire : 3.- Le Conformisme, le Sacré et l'Eveil.
                        2.- A propos de la logique d'interprétation. 

                          21 février 2016 - La peur de la vérité
            En cherchant un magazine dans un kiosque de journaux, un titre attire mon attention : "La vérité". Regardant de près, je lis  "Marianne" Les textes, novembre 2015. Je l'ai acheté sans le parcourir, par curiosité, et en pensant à ma petite fille Thalia, âgée de 16 ans, étudiant actuellement au gymnase, qui commence déjà ses premières leçons de philosophie et de psychologie.
            Bien calé dans un fauteuil du bus de retour, je cherchai les noms des auteurs, sans trouver celui de Luigi Pirandello. Je me rappelle toujours la célèbre citation : "À chacun sa vérité" de cet écrivain italien, poète, romancier et dramaturge (1867-1936).
            Ce lauréat du Prix Nobel de littérature en 1934 a bâti son œuvre de dramaturge, sur l'incommunicabilité, un théâtre de réflexion sur le paradoxe et l'absurdité de la vie des individus qui ne peuvent pas se comprendre.
           
           De retour à domicile, je consultais tranquillement les pages du magazine.
            Le sommaire débute par les vérités philosophiques : de la méfiance des apparences (Aristote), la joie d'une vie heureuse (Saint Augustin), la recherche par la raison (Descartes), la simple représentation (Schopenhauer), l'instinct de dissimulation (Nietzche), des simples approximations (William James), ... à l'interprétation (Michel Foucault) etc, …
             La philosophie selon le stoïcien grec Epictète (50 après J.C.) est avant tout une manière de vivre et un levier de transformation spirituelle. La vérité philosophique est donc personnelle et n'est que le reflet du vécu de celui qui l'a conçue. Ainsi, pour Nietzsche, la vérité ne serait "qu'une fiction ou une erreur utile" (Jean Granier, "NIETZSCHE "Volonté de puissance et vérité.") Le psychologue suisse Jean Piaget a écrit un livre intitulé "Sagesse et illusions de la philosophie" (1965 - Edit. PUF Paris).
            Les vérités historiques sont loin de l'objectivité. A la fin du XXe siècle, un scepticisme émerge chez certains auteurs qui doutent de la vérité en histoire, pensant que les historiens la réécrivent souvent selon leur point de vue subjectif, suivant leurs valeurs conformistes ou idéologiques.
            Les vérités politiques sont encore à mille lieues de l'objectivité. Les politiciens mal aimés sont traités de "tout pourris" à cause de leur langue de bois et de leur pensée unique. Le célèbre diplomate Talleyrand, homme politique de premier rang lors de la Révolution française et de l'Empire napoléonien a avoué : "Le mensonge est une trop bonne chose pour qu'il soit permis d'en abuser". Dans le mensonge, il y a omission (dissimulation), simulation (ruse), tromperie (invention du faux), manipulation de toutes sauces. (En outre, s'y ajoutent d'autres abus plaisants comme ceux du pouvoir des intérêts et du sexe.)
            De même, sur l'arène internationale, il existe nulle trace de bonne foi ou d'éthique. "- J'ai beau chercher la vérité dans les masses, je ne la rencontre que dans les individus.", dit Eugène de la Croix qui fut pourtant un artiste peintre. Il n'y a que les intérêts économiques qui dominent la scène. La géopolitique ne serait qu'un néo colonialisme fonctionnant sous couvert de la lutte pour la démocratie, l'égalité ... et la liberté (de nuire et de détruire !).
            Les vérités scientifiques sont encore illusoires. Car "l'illusion est plus consolante" selon Henri Poincaré, parce que la vérité effraie et déçoit, considérée comme une épreuve de faiblesse (le mathématicien rapproche la vérité scientifique de la vérité morale). Pour Albert Einstein les théories scientifiques, étant une construction humaine, ne peut atteindre la vérité absolue (immanente). Suivant Gaston Bachelard, il faut renoncer aux préjugés, aux habitudes mentales pour accéder à ladite vérité. Or, il est bien difficile de mettre à côté ses opinions conçues ou de délaisser ses connaissances acquises lors de ses études diverses.     
            Pour les vérités littéraires, les termes "raconter des histoires" ou "faire des histoires" dans le langage populaire impliquent des doutes sur la vérité. Pourtant les gens cherchent souvent à savoir si les récits littéraires et les œuvres d’art en général sont porteurs de vérité, tout en aimant parfois vivre dans l'illusion, les fantasmes, la fiction, avec des légendes et des mythes.
            Ecrire et peindre sont des actes individuels, des produits du "penser" et du "sentir"  (du vécu personnel). Les œuvres littéraires, artistiques et les concepts de la philosophie sont étroitement proches, et ne peuvent en être porteurs, car la vérité est indépendante de toute créativité humaine (elle existe avant les concepts).           
            Toutefois, certains ouvrages littéraires ou œuvres d'art peuvent recéler quelques parcelles de vérité, probablement plus abondantes dans la poésie, et davantage dans certaines "pensées", "citations, "maximes", ainsi que dans les "dictons" ou "proverbes populaires". Le plus connu : "La vérité sort de la bouche des enfants" révèle la nature immanente de la vérité.

            Vers la fin du magazine figurent deux pages de citations intéressantes. En voici quelques unes :
            - "Dire la vérité est utile à celui à qui on la dit, mais désavantageux à ceux qui la disent parce qu'ils se font haïr." Pascal.-
             "L'homme est de glace aux vérités. Il est de feu pour les mensonges." Jean de la Fontaine.
            - "C'est lorsqu'il parle en son nom que l'homme est le moins lui-même. Donnez lui un masque, et il vous dira la vérité." Oscar Wilde.
            - "Le mensonge fait souvent moins de maux que la vérité." La Rochefoucauld.
            - "La vérité n'est jamais amusante, sans cela tout le monde la dirait." Michel Audiard.
            - "La vérité, il faut bien le dire, est intolérable, l'homme n'est pas fait pour la soutenir ; aussi l'évite-t-il comme la peste." Cioran.
            - "La vérité est donc bien redoutable, puisqu'on fait tant d'effort pour l'empêcher de parvenir au trône" Malesherbes
            - "Il ne saurait exister pour la science que des vérités acquises. Le savant n'est pas l'homme qui fournit les vraies réponses ; c'est lui qui pose les vraies questions." Claude Lévi-Strauss.
            - "Tous ceux qui veulent dire une vérité avant son heure risquent de se trouver hérétiques." Pierre Teilhard de Chardin.

            Voici encore quelques autres citations récoltées sur internet :
            - "Il y a quelque impiété à faire marcher de concert la vérité immuable, absolue, et cette sorte de vérité imparfaite et provisoire qu'on appelle la science." Anatole France / L'Orme du mail.
            - "Jamais la psychologie ne pourra dire sur la folie la vérité, puisque c'est la folie qui détient la vérité de la psychologie." Michel Foucault / Maladie mentale et psychologie.
            - "Je dis toujours la vérité : pas toute, parce que toute la dire, on n'y arrive pas... Les mots y manquent... C'est même par cet impossible que la vérité tient au réel." Jacques Lacan / Séminaire.
            - "La vérité, c'est une agonie qui n'en finit pas. La vérité de ce monde, c'est la mort." Louis-Ferdinand Céline / Voyage au bout de la nuit.
            - "Il ne faut pas partager le monde entre les gens qui mentent et ceux à qui l’on dit la vérité, mais entre ceux à qui l’on dit la vérité et ceux à qui l’on est obligé de mentir." Tristan Bernard.
            - "La vérité est toujours plus surprenante que la fiction, parce que la fiction doit coller à ce qui est possible, alors que la vérité, elle, n’y est pas obligée." Mark Twain.
            - "La culture actuelle n'est que le début d'un long travail, qui durera peut-être des milliers d'années, pour qu'un jour enfin l'humanité connaisse la vérité d'un véritable Dieu." Anton Tchekhov.
            - "Les poètes ne sont pas intéressés par les faits, mais seulement par la vérité. Leur vérité est si inébranlable que même ceux qui haïssent les poètes par simple instinct naturel sont exaltés tout autant que terrifiés par eux." William Faulkner.
            - "Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra fou." Aldous Huxley.
            - "La vérité vous rendra libre. Mais d'abord, il va vous faire chier." Gloria Steinem.
            - "Si c'est un aveuglement surnaturel de vivre sans chercher ce qu'on est, c'en est un terrible de vivre mal, en croyant Dieu" Pascal /"Pensées"
           .- "La vérité est de tous les temps, elle est pour tous les hommes." Voltaire / Pensées et maximes (1821)
            - "Il n’y a pas de religion plus grande que la vérité." Dallai Lama / Le Sens de la vie.
           
            En général, chacune de ces phrases qui ne dépassent pas deux lignes n'est que l'expression d'une des multiples facettes de la vérité sur laquelle l'auteur exprime son point de vue sur la nature du monde humain.
            Le plus souvent, leurs contenus évoquent la gêne et la peur de la vérité chez les gens, ces réactions semblables à celles ressenties à l'égard de Dieu !  Cela suggère-t-il que la Vérité est Dieu, ou le démon, deux entités tenues en dehors de soi ?
            Le même magazine Marianne a publiè un article sur  "Le Prince" de Machiavel intitulé : "La vérité c'est le diable" (Marianne du 17 au 23 juillet 2004, par Robert Redeker).
           "... Alors, pourquoi tant de haine contre Machiavel ? Son livre dévoile une vérité dont l'humanité veut ignorer l'existence sans pouvoir l'éloigner de ses yeux. Quelque chose dont le germe, ou le grain, sommeille en chacun de nous, hommes et femmes ordinaires. Quelle chose ? Ni héros grec, ni monarque médiéval oint de Dieu, le prince machiavélien n'est pas d'une autre nature ; il est chacun d'entre nous, il fait ce que nous ferions tous dans des circonstances analogues, et il est aussi ce que nous faisons en petit, chacun d'entre nous, en dehors de la politique, chaque jour. Le Prince, c'est l'homme ordinaire en grand, l'homme ordinaire libéré (par son titre). La révélation de notre parenté secrète avec le Prince rend Machiavel insupportable. En décrivant la politique, Machiavel nous tend un miroir, renvoyant une image si vraie et si difforme de nous-mêmes que nous ne la supportons pas." (Extraits).

            C'est la peur que cette faiblesse native soit dévoilée qui entraîne un besoin d'auto-justification. L'individu vit constamment sur la défense, en portant un "masque" sans s'en rendre compte, ce qui enlève toute spontanéité dans la communication avec son entourage.
            Dans "Chacun sa vérité" 1916, "Six personnes en quête d'auteurs" 1921, Luigi Pirandello (photo ci contre) définit ses personnages comme "des gens insociables qui n'ont eu que peu ou point à se louer (se jouir) de la vie. Ainsi, leur existence devient comme "un séjour involontaire sur la terre".
           
           Pour Pascal, la faiblesse humaine va de pair avec sa grandeur : "La grandeur de l’homme est grande en ce qu’il se connaît misérable. Un arbre ne se connaît pas misérable. C’est donc être misérable que de (se) connaître misérable ; mais c’est être grand que de connaître qu’on est misérable." … Toutefois : "Il est dangereux de trop faire voir à l’homme combien il est égal aux bêtes, sans lui montrer sa grandeur. Il est encore plus dangereux de lui trop faire voir sa grandeur sans sa bassesse. Il est encore plus dangereux de lui laisser ignorer l’un et l’autre… " ("Pensées de Pascal", Ch. - M. des Granges, Garnier Frères, Paris 1948, p. 174).
            Pascal n'a pas parlé de "dédoublement", mais de "duplicité" : "Cette duplicité de l’homme est si visible, qu’il y en a qui ont pensé que nous avions deux âmes" ("Pensées de Pascal", op. cit.). Platon l'a déjà dit au IVème siècle avant l’ère chrétienne. En outre, dans le langage populaire, le terme âme bien né oppose à celui de l'âme damné.
            Par conséquent, faut-il admettre la coexistence du divin et du démon dans chaque être humain ?
             Cependant, ce qui est intolérable, redoutable, qui terrifie, qui vous rendra fou, c'est le fait d'apprendre que ce démon n'est autre que l'ego, souvent confondu avec le vrai Moi, le Moi essentiel, ou le Divin.

A lire : 2.- A propos de la logique d'interprétation et 3.- Le conformisme, le Sacré et l'Eveil.

15 janvier 2016 - Les liens karmiques
            Un gros titre dans la rubrique "Sagesse" de Rosette Poletti ("Le Matin Dimanche" du 17 janvier 2016) :
«Je vis une relation très difficile avec un homme depuis trente ans. J'ai été voir un thérapeute qui m'a dit que c'était une relation karmique.»         
            Extraits : "Selon le thérapeute que l'on va voir, la théorie utilisée varie, mais le vécu est toujours source de souffrance. Notre correspondante raconte combien la relation qu'elle vit est insatisfaisante, faite de ruptures et de réconciliations, d'espoir et de déceptions. Suite à une ou deux consultations avec un thérapeute elle est certaine maintenant que la relation qu'elle vit est "karmique" et qu'il faut l'accepter. Cependant, elle nous demande s'il n'y a pas d'autres solutions. Nous avons cherché des données à propos de ce que certains nomment des "relations karmiques". Nous avons pris connaissance de nombreuses sources plus ou moins sérieuses et nous sommes arrêtées sur l'ouvrage «Karmic Relationships : Healing Invisible Wounds» (Ed. Jodere Group) (Relations karmiques : guérir les plaies, en français) du Dr Charles Richards. Pour ce psychothérapeute, qui a mis au point une thérapie particulière basée sur sa compréhension théorique, le karma est un mot qui vient du sanskrit et qui veut dire : action, travail. Le karma comprend non seulement des actions tangibles, mais aussi des paroles, des intentions, des pensées, des émotions qui ont une influence, sur notre futur. Notre vie présente est le résultat de choix, d'actions que nous avons faites auparavant. La loi du karma peut aussi être une explication des problèmes relationnels. Ce que nous pensons, disons, faisons lorsque nous sommes en interaction avec les autres crée (en partie) notre futur. La manière dont nous traitons les autres a des conséquences sur notre vie. Selon le Dr Richards, il existe pour chaque personne une sorte d'âme extérieure, quelque chose comme le "cloud" en informatique, où est enregistré tout ce que nous avons expérimenté consciemment ou inconsciemment dans cette vie et dans les précédentes et cet "enregistrement" nous renvoie la somme d'énergie que nous avons créée dans le passé. Bien sûr, c'est une explication parmi d'autres, une hypothèse difficile à confirmer ou à infirmer. Ainsi, les problèmes de relations avec les membres de notre famille, les partenaires, époux, épouses, collègues, enfants seraient toujours reliés à une cause première, il ne s'agit pas de coïncidences. Tout à un sens, une signification, tout peut être source de souffrance ou de bénédiction, d'après le Dr Richards. Il pose, en général, quatre questions à ses patients pour qu'ils puissent savoir si leurs conflits relationnels sont karmiques : 1.- Vous trouvez-vous sur des "montagnes russes" émotionnelles avec des hauts et des bas marqué ?
2.- Avez-vous rompu la relation pour de bonnes raisons, plus d'une fois, puis renoué et continué avec les mêmes difficultés ? 3.- L'une des personnes dans la relation est-elle d'accord de tout lâcher instantanément pour venir au secours de l'autre ?
4.- Le lien relationnel reste-t-il très fort même lors d'un long temps d'absence ?  Lorsqu'on répond oui à l'une de ces questions au moins, c'est qu'on est peut-être dans une relation karmique. Le Dr Richards propose alors à ses patients un "traitement" qui les aide à guérir des traumatismes anciens, vécus dans des vies antérieures. Pour lui, il n'est pas nécessaire que la personne croie aux vies antérieures, il s'agit avant tout d'un travail symbolique. Durant le traitement des "plaies émotionnelles" comme l'abandon, les deuils, les peurs sont confrontées et soignées. Des fardeaux inutiles sont déposés et la personne soignée commence à comprendre le sens de toutes ses expériences, ce qui lui permet de modifier sa perception de la situation et de vivre beaucoup mieux. Pour le Dr Richards, il n'y a pas seulement à accepter passivement ce qui est "karmique". Il y a quatre étapes à parcourir pour mieux vivre :
1.- Il s'agit de devenir conscient et de considérer ses relations avec attention. Il n'y a pas de coïncidences, tout est cause et effet. Il faut donc accepter que tout ce qui arrive à un sens et sert à l'évolution de l'âme.
2.- Pratiquez le détachement conscient en acceptant son ressenti, puis en créant une distance saine entre l'autre personne (avec qui nous avons des difficultés) et nous. Si c'est nécessaire, il est recommandé de s'éloigner afin de trouver le calme et une nouvelle perspective sur la situation.
3.- Pardonner : pour le Dr Richards, "rester dans le ressentiment, c'est comme de boire soi-même le poison en espérant tuer l'ennemi". C'est par le pardon que l'on se coupe du lien que représentent les émotions négatives, et qu'on libère les autres.
4.- On peut rompre le lien karmique en assumant à 100% la responsabilité de ce qui arrive. Personne ne peut nous "faire ressentir" de la honte, de la culpabilité ou de la colère, nous seuls le faisons. Au moment où nous prenons la responsabilité de la relation au lieu de blâmer l'autre, nous nous libérons. Il s'agit ensuite de sortir des relations mortifères et d'aller vers de nouvelles manières de penser, vers des personnes positives et vers des lieux qui peuvent nourrir les qualités de notre âme. Quelle que soit notre histoire karmique, c'est la manière dont nous pensons, parlons et agissons aujourd'hui, dont nous traitons les autres en ce moment qui déterminera notre avenir." .
           
            Commentaires
            En général, toutes relations créent des liens karmiques.Une action entraîne une réaction. Il n'y a pas d'effet sans cause. En Occident, ces dictons : "On récolte ce que l'on a semé", proverbe français, ou "Qui sème le vent récolte la tempête", proverbe d'origine biblique, constituent bien l'essence de la loi du karma. Or, le karma bouddhique est inhérent au concept de la réincarnation que la Bible n'admet pas. Optant pour la pensée orientale, le "karma" selon le Dr Richard est "une sorte d'âme extérieure, quelque chose commechose comme le "cloud" en informatique où est enregistré tout ce que nous avons expérimenté consciemment ou inconsciemment dans cette vie et dans les précédentes, et cet "enregistrement" nous renvoie la somme d'énergie que nous avons créée dans le passé" (art. susmentionné). Cette âme extérieure correspond au "moi existentiel" coexistant avec la nature du Bouddha, l'âme essentielle. Les liens karmiques, ou les relations interpersonnelles sont conditionnés par la manière de penser, de sentir et d'agir de chacun. Quand cessent les paradoxes de l'esprit et l'ambivalence du cœur (l'émotivité) que la communication devient possible, la dualité étant bannie.
            Les 4 conseils "pour mieux vivre" donnés ci-dessus par le thérapeute sont tous bénéfiques, s'ils pouvaient être appliqués en tenant compte des différences de potentialités physiques-émotionnelles-intellectuelles-psychiques à la naissance, ainsi que le poids des karmas. Dans ces conditions, le travail thérapeuthique demande une reconstruction des structures du moi ainsi qu'un déconditionnement, de logue haleine (une "déconstruction" en quelque sorte !) 
            D'autre part, il n'est pas aisé de pouvoir devenir conscient (sans aide) ou de rendre quelqu'un conscient, si le patient (et auusi le thérapeute) n'arrive pas à reconnaître qui est son "vrai moi" et le rôle de son "ego" (l'éternel "Qui suis-je ?").
            Seul, le fait d'admettre la coexistence du divin et du démon en soi nous permet de pratiquer le détachement, le lâcher prise, et le pardon, en vue de nous libérer des mauvais liens karmiques,
          Alors le bonheur et l'amour authentique deviendraient accessibles. Car, il est vain d'aimer quelqu'un "sans accepter le démon" de ce dernier.