Méditation et Santé

            Définition
            Le terme méditation (du latin meditatio) désigne une pratique mentale ou spirituelle. Elle consiste souvent en une attention portée sur un certain objet de pensée (méditer un principe philosophique par exemple, dans le but d'en approfondir le sens) ou sur soi (dans le but de pratique méditative afin de réaliser son identité spirituelle). La méditation implique généralement que le pratiquant amène son attention de façon centripède sur un seul point de référence.

             La méditation est au cœur de la pratique du Bouddhisme, de l'indouisme, du Taoïsme, du Yoga, de l'Islam, de la Chrétieneté, ainsi que d'autres formes plus récentes de spiritualité mais également médicale. C'est une pratique visant à produire la paix,
la vacuité de l'esprit, des états de conscience modifiés ou l'apaisement progressif du mental voire une simple relaxation, obtenus en se « familiarisant » avec un objet d'observation : qu'il soit extérieur (comme un objet réel ou un symbole) ou intérieur (comme l'esprit ou un concept, voire l'absence de concept, ou bien les sensations).

            Principes généraux

            Les techniques de méditation sont très diverses. Elles peuvent cependant être classées selon leur foyer d'attention : une zone corporelle spécifique ou le déplacement d'une zone à une autre ; une perception précise ; le vide de tout concept ou vacuité ; un objet spécifique présélectionné profane ou religieux ; le nom d'une déité ou d'un concept inspirant la paix (mantra) ; le souffle ; un son ; une incantation ; un koan ou énigme évoquant des interrogations ; une visualisation ; un exercice mental[9].

            Certaines pratiques méditatives, comme celles du yoga ou du tantra, peuvent être rattachées à des religions, d'autres sont indépendantes de tout contexte religieux[10]. La méditation peut être désignée par d'autres appellations : relaxation ; concentration ; états modifiés de conscience ; suspension des processus de la pensée rationnelle et logique ; maintien de l’observation de soi[9].

            Dans la méditation dite de "Pleine conscience", par exemple, le méditant se repose confortablement et silencieusement, centrant l'attention sur un objet ou un processus : « ... Glissant librement d'une perception à une autre... Aucune pensée, image ou sensation n'est considérée comme une intrusion. Le méditant, avec une attitude vide de tout effort, est invité à explorer l’ici et maintenant. En utilisant l’ouverture panoramique comme point d'ancrage... ce qui ramène le sujet constamment au présent, évitant l'analyse ou l'imagination cognitive concernant le contenu de la conscience, et augmentant tolérance et relaxation du nom secondaire de la pensée processus. »[9].

            Il y a plusieurs types de méditation dans l'hindouisme et dans la philosophie indienne :          
   Dans le Védanta, le Jñâna-Yoga a pour méthode principale l’investigation du Soi (âtma vichâra), qui retourne à la source des pensées jusqu'à la réalité transcendantale[11].

             Dans le Yoga, la méditation relève du Yoga Sûtra qui fait référence au Yoga-Sûtra[12],[13] de Patañjali (IIe s. av. J.-C. ?) ; la méditation (dhyâna) est une pratique spirituelle pour résorber les fluctuations de l'esprit (vritti) [14], . L'étape de la méditation profonde dans le yoga, est l'avant dernière des « huit membres » appelés l'ashtânga-yoga ; elle se place après la concentration (dhâranâ, fixation de l'esprit sur un seul point) et avant la contemplation (samâdhi, état d'union avec le Dieu personnel ou d'absorption dans l'Absolu) ; dans le Yoga on utilise plusieurs supports de méditation : les postures et les respirations (Hatha-Yoga) sont maintenues pour élever l'énergie spirituelle, la kundalinî qui monte par des centres d'énergie : les chakra ; la visualisation d'une forme, d'une image ; la dévotion à une déité (Bhakti-Yoga) ; la production de son par la répétition d’un mantra.         

             Méditation avec support : il existe de nombreuses propositions de méditation avec support :
            - observer la lumière qui pénètre par le sommet de la tête (chakra)
et s'identifier à cette lumière ;
            - écouter le son dans l'oreille interne (nâda)
;
            - parcourir l'intérieur du corps par la sensation afin d'obtenir un état de relaxation ;
            - rester dans une posture avec une position de main codifiée (mudrâ)
.

            Méditation sans support : pour que l'esprit parvienne au calme et au détachement
des désirs du monde et cesse de vagabonder ; il s'agit alors, selon cette méthode, d'être présent et de rester conscient et disponible à l'épanouissement spontané du silence.

             Méditation bouddhiste 
             La méditation est une pratique centrale du bouddhisme. Le Bouddha historique
 a obtenu son  éveil spirituel en méditant sous l'arbre appelé « l'arbre de la Bodhi ». La plupart des formes de Bouddhisme distinguent deux classes de pratiques en matière de méditation pour atteindre l'illumination (l’éveil) :
            - shamatha
dont l'objectif est de développer la capacité de focaliser l'attention en un seul point.  
            - vipassana
dont l'objectif est de développer la perspicacité et la sagesse en voyant la vraie nature de la réalité.

            Méditation chrétienne
            Chez les moines orthodoxes l'hésychasme
ou « prière du cœur » est une prière silencieuse invoquant le nom de Jésus au rythme de la respiration. Par son rapport au corps, il est l'équivalent chrétien de certaines techniques de méditations orientales[17]
            L' oraison silencieuse est la pratique de l'Ordre du Carmel.
            Les exercices spirituels  sont un ouvrage de méditation et de prière qui est considéré par certains comme le chef d'œuvre spirituel
d'Ignace de Loyola.
            La  lectio divina est une expression latine qui signifie lecture des textes divins, spirituels, ou des Saintes Écritures, et qui représente une méthode de prière et de lecture des Écritures.  L'oraison de simple présence, très pratiquée au XVIIe siècle dans les milieux marqués par la lecture des mystiques rhéno flamands est une forme d'assise silencieuse chrétienne dans laquelle la prière se résume à se tenir en présence de Dieu. 

            Islam
            Il existe deux conceptions de la méditation dans l’Islam. La première est issue du Coran, l’autre est celle développée par les Soufis. La première est appelé taffakur, c’est-à-dire la réflexion sur les sourates du Coran ou la contemplation de la création d’ Allah (Méditez sur la création d'Allah et ne méditez pas sur Allah car vous ne l'apprécierez pas à sa juste valeur. (Ibn’ Abbas). La seconde est une pratique mystique du soufisme appelée Mouraqaba.

            Jaïnisme
            La méditation Jain
s'appelle Samayika. Samayika signifie être absolument présent au point de non changement. Elle se pratique dans la position du lotus mais d'autres postures sont également possibles. Elle permettrait selon les adeptes de se détacher du changement perpétuel et d'accéder à l'atman : non changeant. La pratique de Samayika revêt une importance particulière lors de la période de 8 jours appelée Paryushana.

            Judaïsme
            Bien que d'une nature un peu différente des méditations orientales, il existe une méditation hébraïque
transmise de maître à disciple. Issue de la mystique juive, le hassidisme  est fondée sur une interprétation des textes par laquelle la transformation intérieure serait parallèle à la découverte de nouveaux sens. Cette approche du texte pourrait conduire à se retirer en soi, Tsimtsoum [19].

            Taoïsme
            Vers -500
, pour le philosophe chinois Lao Zi, le vide de l'esprit fait partie des pratiques regroupées sous le vocable wei-wu-wei : agir-sans-agir (« (il faut) être vide pour faire des choses utiles »)[22].

           La pleine conscience (parfois également appelée attention juste, samma-sati en pali,  
samyag-smriti en sanscrit [1]) est une expression dérivée de l’enseignement de Sidddhârta Gautama et désignant la conscience vigilante de ses propres pensées, actions et motivations. Elle joue un rôle primordial dans le bouddhisme où il est affirmé que la pleine conscience est un facteur essentiel pour la libération (Bodhi ou éveil spirituel). Il s’agit du septième membre du "noble sentier octuple".

            Les principes de la pleine conscience
            L’attention juste ou pleine conscience consiste à ramener son attention sur l'instant présent
et à examiner les sensations qui se présentent à l'esprit, comment elles apparaissent, comment elles durent quelque temps, et comment elles disparaissent. Cette pratique permet de se rendre compte de façon directe si une sensation est quelquefois permanente ou bien toujours impermanente. Par la suite, le pratiquant va aussi examiner la matière, les perceptions, les habitudes mentales positives ou négatives, la conscience, comment toutes les choses apparaissent, comment elles durent et comment elles disparaissent. L'observateur reste neutre et silencieux (le "silence mental") en examinant l'apparition et la disparition des sensations agréables, neutres ou désagréables, sans juger, sans chercher à retenir la sensation agréable ou à rejeter la sensation désagréable. L'observateur fait l'apprentissage du détachement et il se libère progressivement de la matière, de la sensation, de la perception, des conditionnements mentaux, de la conscience, et donc de dukkha. S'il fait le choix d'abandonner dukkha, c'est parce qu'il a la conviction que ce phénomène est toujours à double manifestation, joie et tristesse, donc "pas de satisfaction définitive".

            Cette pleine conscience n’est pas limitée à une pratique de méditation
mais elle consiste simplement à observer les objets physiques et mentaux qui se présentent à l'esprit. Quand un objet disparait, la pleine conscience ne cesse pas, elle est tournée par l'observateur vers un objet "par défaut" : la respiration ou la marche. Quand un nouvel objet apparait à l'esprit, l'attention délaisse l'objet "par défaut" et s'applique à observer attentivement le nouvel objet selon les deux aspects de sa nature, comme vérité conventionnelle (sammuti sacca) et comme vérité ultime (paramattha sacca). C'est ainsi que l'attention à la respiration naturelle (anapana sati) : inspire, petite pause, expire, petite pause, n'est pas une fin en soi mais elle soutient efficacement la vitalité de la pleine conscience.

            Le Bouddha
conseille d'observer la sensation intérieurement (dans le mental) et extérieurement (dans le corps). Par exemple, si l'observateur voit dans le mental : "chaud", il peut voir aussi dans le corps : dilatation des vaisseaux sanguins, transpiration, etc. Ensuite, si l'observateur voit dans le mental : "froid", il peut voir aussi dans le corps : contraction des vaisseaux sanguins, grelottement, etc. Cette étape est importante car le pratiquant apprend à voir de façon directe que le mental échange rapidement de nombreuses informations avec le corps par l'intermédiaire de l'inconscient. La pleine conscience expérimente le corps et l'esprit dans ses deux composants, conscient et inconscient, dans le but de tout nettoyer, de tout purifier.

            La pleine conscience se situe au-delà de la première forme de sagesse : la dévotion
, et au-delà de la deuxième forme : la logique de l'intellect. Elle est la troisième forme de sagesse, dite bhavana-maya panna, la vision directe de la réalité ultime en toute chose.

            La pleine conscience en Occident 

            Bien que cette pratique soit issue du Bouddhisme
, elle a trouvé deux types d'application en thérapie cognitive :
            - la « réduction du stress à partir de la pleine conscience » (en anglais, Mindfulness-Based Stress Reduction ou MBSR) a été développée par Jon Ksbat-Zinn. La méthode est proposée dans 200 hôpitaux américains[2]. Le principe a aussi été adopté par des écrivains, conférenciers, ainsi que des psychologues dans le traitement du stress et de l’anxiété.
            - la thérapie basée sur la pleine conscience pour la dépression (en anglais, Mindfulness-Based Cognitive Therapy for Depression ou MBCTD) a été présentée comme un moyen de prévention des rechutes dépressives, rechutes dont la conséquence peut être le suicide
[3],[4]. Elle n'est donc pas à proprement parler une thérapie de la dépression.

            L'utilisation de la pleine conscience repose sur un « changement de postulat »
[5]. Alors que les thérapies cognitives classiques avançaient qu'il fallait travailler sur les contenus des pensées négatives et les biais cognitifs, l'application de la MBCTD à la prévention des rechutes dépressives se base sur des résultats qui conduisent à penser que la vulnérabilité dépend avant tout de l'humeur plutôt que du contenu des pensées. L'humeur jouerait un rôle prépondérant en contribuant aux pensées dysfonctionnelles et à la rechute dépressive.

            « Il s'est rarement produit au cours des recherches en psychologie clinique qu'une prédiction aussi forte soit rejetée de manière aussi tranchée. Des attitudes et croyances dysfonctionnelles n'étaient pas cause de rechute
[6]. »

            La pratique de la pleine conscience est un exercice utilisé dans la psychotérapie comportementale dialectique,
un traitement de Marsha Linchan pour les patients souffrant du trouble de la personnalité borderline.

            Selon une étude de l'UCLA
publié en juillet 2008, la pratique de la pleine conscience méditative diminuerait la progression du VIH/SIDA[7]

            Références The encyclopedia of Eastern philosophy and religion: Buddhism, Hinduism, Taoism, Zen, Shambhala, 1994, p. 99 Kabat-Zinn, J., « An out-patient program in Behavioral Medicine for chronic pain patients based on the practice of mindfulness meditation: Theoretical considerations and preliminary results ». Gen. Hosp. Psychiatry (1982) 4:33-47 Journal of clinical psychology 62 de février 2006 La thérapie cognitive basée sur la pleine conscience pour la dépression : Une nouvelle approche pour prévenir la rechute de Zindel-V Segal, J-Mark-G Williams, John-D Teasdale, De Boeck 2006 Voir [lecturepsy.free.fr/psy/spip.php?article20 ici] « La thérapie basée sur la pleine conscience pour la dépression. Une nouvelle approche pour prévenir la rechute » de Zindel V. Segal J. Mark G. Williams, John D. Teasdale, préfacé par C. André et Matthieu Ricard, De Boeck, 2006, p. 50.

            Communiqué de presse : Practice of mindfulness meditation slows the progression of HIV, study shows [archive], Article scientifique : Mindfulness meditation training effects on CD4+ T lymphocytes in HIV-1 infected adults : A small randomized controlled trial [archive].

            Remarque : Cet article est issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé "Mindfulness"  (voir la liste des auteurs).

            
             Spiritualité contemporaine

            Jean Klein : la lucidité silencieuse sans support.
            Dans une certaine forme de spiritualité contemporaine représentée par les enseignements de Krisnhamurti ou Jean Klein
, le terme de méditation désigne un état de lucidité silencieuse sans support, une vigilance où les constructions mentales sont absentes. Ils ont dessiné quelques directions de méditation :

            - « L'attention » : Cette investigation requiert une attention vide de toute attente, de toute anticipation ; en quelque sorte, une attention innocente. Ce matin nous sommes paisiblement assis. C'est une méditation sans sujet pour méditer, et sans objet sur quoi méditer. C'est notre tranquillité naturelle.
[23] ;

            - « L'observation » : L'enseignement repose principalement sur la compréhension, il s'agit plutôt d'être compréhension. Comprendre est le résultat d'une juste observation. C'est une observation ouverte, sans jugement, sans comparaison ni interprétation ; nous ne pouvons l'objectiver. Nous ne pouvons la situer dans l'espace, parce qu'elle est hors du temps. Le temps est une création de la pensée, tandis que l'observation qui émane de la totalité du corps relève, elle, de l'intemporel.
[24] ;

            - « Le temps » : La pensée est le temps, la pensée est une fonction. Le temps est une expression de l'intemporel. Le temps doit cesser pour que puisse vivre l'intemporel. Et quand la pensée a découvert ses limites, alors nous sommes ouverts à l'intemporel, au présent éternel.
[24] ;

             - « La liberté » : La liberté dont vous faites l'expérience en ces moments-là ne peut jamais être objectivée, ni définie. Vous ne pouvez jamais la formuler. La compréhension peut bien se situer dans votre tête, mais être la compréhension n'a plus rien à voir avec la tête ; c'est votre perception globale.
[25] ;

            Rudolf Steiner : la méditation comme science de l'esprit.
            Dans d'autres enseignements contemporains comme, par exemple, ceux de Rudolf Steiner
, la vision de la méditation répond à un besoin intérieur inhérent à la nature humaine. Selon cette conception, la conscience de soi de l'être humain moderne a été gagnée au prix de la perte de la perception de sa nature spirituelle et de celle du monde. Les questions existentielles de l'être humain proviendraient de la perte de cette perception. Par le biais d'une méditation basée sur la pensée, l'être humain pourrait à nouveau faire l'expérience objective du monde spirituel[26].

            Critiques de la méditation

            Si la plupart des pratiques de méditation, dans leurs principes, sont généralement bien acceptées, il existe cependant deux critiques principales :

            1. - La méditation pratiquée trop longtemps ou trop intensément peut conduire à des problèmes psychologiques ; l'apport des pratiques méditatives orientales au milieu du XXe siècle en Occident n'a pas toujours tenu compte de la différence de contexte culturel et social ; des études ont été menées afin de déterminer les effets secondaires indésirables de la pratique de la méditation
[37] ; des symptômes de l'ordre de sensations inconfortables dans le corps ou de dissociation mentale ont pu apparaître ; lors d'une étude clinique sur 27 sujets pratiquant la méditation depuis de nombreuses années, des phénomènes de désorientation, de confusion mentale, ou le sentiment de « planer » ont été identifiés chez quelques-uns des sujets [38] ; lorsque l'objectif recherché d'une thérapie est de renforcer l'identité  (l'ego), la méditation serait alors déconseillée [39] ;

            2. - En dehors de la valeur éventuelle d'une pratique, certains groupes spirituels controversés sont parfois accusés d'utiliser la méditation comme un paravent à des activités condamnables (Aum Shinrikyo
par exemple).

         
    Notes et références

1.- Spiritual Dictionary [archive]
2. - Foi t.1 1968.
3.- Estaunié, Empreinte, 1896, p.136.
4.- Gide, Porte étr., 1909, p.591.
5.- Psautier Oxford, éd. Fr. Michel, 38, 4.
6.- Roques t. II, Paris, B. N. Lat. 13032, 7341: meditacio, cionis meditacion. pensée.
7.- A. de Laval, Dévote méditation sur les saints anges, titre.
8.- Définitions lexicographiques [archive] et étymologiques [archive] de « Méditation » du TLFi, sur le site du CNRTL.
9.- a, b et c Perez-De-Albeniz, Alberto ; Jeremy Holmes (Mar 2000). "Meditation : concepts, effects and uses in therapy". International Journal of Psychotherapy 5 (1) : 10p. Retrieved on 2007–08–23.
10.- Zen Buddhism : A History (India and China) By Heinrich Dumoulin, James W. Heisig, Paul F. Knitter.
11.- David Frawley, Yoga et Ayurveda, p. 80.
12.- Sutras de Patanjali [archive]
13.- Institut Marc-Alain Descamps [archive]
14.- Yoga-Sûtra : I-2 : Le yoga est le cessation des activités perturbatrices du mental.
15.- Abdu'l-Bahá, Paris Talks, 1995, page 175, éd. Bahá'í Distribution Service, (ISBN 1-870989-57-0)
16.- (en) Gerhard Böwering et Moojan Momen, « Ḏekr: II. In the Babi and Bahai religions », Encyclopædia Iranica, Costa Mesa, Mazda, vol. 7, 1994 [texte intégral [archive]]
17.- Encyclopaedia Universalis, article « Hésychasme »
18.- Muraqabah expliquée [archive]
19.- Tsitsoum : Introduction à la méditation hébraïque de Marc-Alain Ouaknin
20.- Le juif dans le lotus: des rabbins chez les lamas [archive]
21.- La méditation du Sikhisme [archive]
22.- Tao-te-king, chapitre 11 [archive]
23.- page 117, (fr) Jean Klein, Transmettre la lumière, Éditions du Relié, Gordes, 2005, 367 p. ISBN 2-914916-46-9.
24.- a et b page 118, (fr) Jean Klein, Transmettre la lumière, Éditions du Relié, Gordes, 2005, 367 p. ISBN 2-914916-46-9.
25.-  page 119, (fr) Jean Klein, Transmettre la lumière, Éditions du Relié, Gordes,   2005, 367 p. ISBN 2-914916-46-9.
26.- Rudolf Steiner, L'initiation - Guidance in esoteric training, Rudolf Steiner Press, 2001.
27.- (en) Bibliography of peer-reviewed studies on Transcendental Meditation [archive]
28.-  a et b La Méditation transcendantale améliore la pression sanguine, la résistance à l'insuline, et le tonus du système nerveux cardiaque autonome [archive]
29.- Three-year follow-up and clinical implications of a mindfulness meditation-based stress reduction intervention in the treatment of anxiety disorders de J. J. Miller, K. Fletcher et J. Kabat-Zinn, in General Hospital Psychiatry, 1995.
30.- Reducing risk of recurrence of major depression using mindfulness-based cognitive therapy de J. D. Teasdale, Z. V. Segal, J. M. G. Willams et al., in Journal of Consulting and Clinical Psychology, 2000.
31.- The clinical use of mindfulness meditation for the self-regulation of chronic pain de J. Kabat-Zinn, L. Lipworth et R. Bruney, in journal of Behavioral Medicine, 1985.
32.- a randomized, wait-list controlled clinical trial : the effect of a mindfulness meditation-based stress reduction program on mood and symptoms of stress in cancer outpatients de M. Speca, L. E. Carlson, E. Goodey et M. Angen, in Psychosomatic Medicine, 2000.
33.- The impact of a meditation-based stress reduction program on fibromyalgia de K. H. Kaplan, D. L. Goldenberg et M. Galvin-Nadeau, in General Hospital Psychiatry, 1993.
34.- Mindfulness meditation training effects on CD4+ T lymphocytes in HIV-1 infected adults de J. D. Creswell, F. F. Myers, S. W. Cole et M. R. Irwin, in Brain, Behavior, and immunity, 2009.
35.- Aromalves : La Méditation : Une médecine d’avant-garde ? [archive]
36.- Meditation and Psychotherapy : A Review of the Literature [archive]
37.- (Lukoff, 1998; Perez-De-Albeniz & Holmes, 2000)
38.- Shapiro (1992)
39.- (Bogart, 1991). 

            Méditation transcendantale

            Selon le sociologue des religions Rodney Stark, la Méditation transcendantale est « une technique de méditation indienne simplifiée et adaptée au marché occidental »[14]. Selon son créateur, il s'agit d'une technique mentaale de relaxation et de  « développement de la conscience » qui se pratique à raison de deux séances d’une vingtaine de minutes par jour. La méthode est présentée comme « simple, naturelle, ne nécessitant aucun effort et se distinguant des autres  technique de méditation de ou de relaxation par une absence totale de concentration et de contemplation ». Elle utiliserait la « faculté de l'esprit à rechercher naturellement et spontanément des domaines de plus grand bonheur, de plus grande satisfaction ». C'est une des pratiques de méditation les plus étudiées avec la méditation vipassana (vipassana signifie voir les choses telles qu'elles sont réellement, est une des plus anciennes techniques de méditation de l'Inde. Il a été enseigné en Inde il y a plus de 2500 ans comme un remède universel aux maux universels, c'est à dire, un art de vivre).

             Cette méditation se pratique à l'aide d'un mantra, que les responsables du mouvement présentent comme « dépourvu de signification », devant être répété mentalement et transmis par un instructeur formé par l'organisation de Maharishi. L'usage de ce mantra permettrait à l'esprit de se diriger vers un « état de silence infini » et de « pure félicité » appelé « conscience pure », équivalent au Soi de certaines traditions spirituelles.

            
Sources : Wikipedia.

           EXPERIMENTATIONS DANS LES HÔPITAUX FRANCAIS

            L’article « GUÉRIR PAR LA PENSÉE » de la revue « Science et Vie » du mois d’octobre 2013 porte le  même titre avec un sous-titre : « La preuve en 15 expériences ». C’est l’esprit qui possède le pouvoir de soigner le corps, affirment les auteurs de l’article Catherine Mérat et François Lassagne. 

            La  première preuve c’est « la méditation de pleine conscience » en vogue des deux côtés de l’Atlantique. Connue depuis des millénaires, issue du Bouddhisme, ce n’est qu’à partir de 1970 qu’elle suscite l’intérêt de l’Occident. D'abord réservée aux hippies, confinée dans le domaine du développement personnel, elle entre dans le champ de la psychologie clinique grâce à Jon Kabat-Zinn, professeur de biologie dans le Massachusetts (Etats-Unis), qui la dépouille de ses racines spirituelles et crée le programme MBSR ("réduction du stress basée sur la pleine conscience").

            Dès la fin des années 1980, à la faveur d'un dialogue entre le bouddhisme et la science, un nouveau champ d'étude voit le jour, celui des neurosciences contemplatives. Il est aujourd'hui en plein essor. En avril 2012, un premier symposium international a réuni à Denver (Etats-Unis) plus de 700 participants : psychologues, neurobiologistes, méditants ... venus partager leurs résultats sur les mécanismes cognitifs et neuronaux des pratiques contemplatives, leurs effets sur le cerveau observés par imagerie cérébrale et les conséquences pour la santé. Plus de 200 hôpitaux américains ont intégré le programme MBSR. Et ses applications ont été étendues à la dépression, à l'addiction, aux déficits de l'attention...

             En France, les médecins sont plus réservés. "Quand j'ai fait entrer la méditation à l'hôpital Sainte-Arme à Paris, en 2004, il y a eu au début un peu de perplexité et quelques réticences", se souvient Christophe André, psychiatre.

            Toutefois, la méthode commence à être acceptée, et plusieurs établissements y ont aujourd'hui recours. Un diplôme universitaire de médecine spécialisé en méditation et neurosciences a même vu le jour en début d'année à Strasbourg. 

            Autre voie de guérison par la pensée qui excite actuellement la curiosité des chercheurs et des médecins : l'effet placebo. Cet effet bien connu est généré par la suggestion et l'attente d'un bénéfice thérapeutique lié à un traitement, indépendamment de son action chimique directe. Sa découverte remonte à la Seconde Guerre mondiale, quand, sur le front d'Italie, l'anesthésiste Henry Beecher injecte aux blessés une solution saline à la place de la morphine dont le stock est épuisé : il s'aperçoit que cette solution dénuée de principe actif réduit pourtant la douleur chez de nombreux patients. En 1955, devenu professeur à Harvard, il publie une étude qui fera date, révélant que 35 % des patients répondent positivement à un tel traitement, dit placebo ("je plairai", en latin). Dès lors, il est introduit dans toutes les études cliniques visant à démontrer les effets "réels" d'un traitement : pour être efficace, un médicament doit monter des effets supérieurs à ceux d'un placebo.

            Pour autant, l'effet placebo est longtemps resté réduit à un phénomène "psychologique". Autant dire inexistant, si ce n'est dans la tête du patient, supposé avoir l'impression d'aller mieux sans que les maux dont il souffre s'atténuent réellement. Il faut attendre le milieu des années 1990 pour que le pouvoir du placebo soit étudié pour lui-même, en particulier grâce aux travaux de Fabrizio Benedetti, à l'université de Turin (Italie). Depuis, l'imagerie cérébrale a montré que l'effet placebo n'est pas une simple vue de l'esprit, et les publications scientifiques de premier ordre se multiplient. Elles dévoilent un effet encore plus puissant que ce qu'on avait imaginé, et commencent à mettre au jour ses mécanismes biologiques, qui modifient bel et bien les équilibres biochimiques dans le cerveau. Les médecins eux-mêmes l'exploitent dans leur pratique clinique, comme l'a récemment montré une étude américaine - quitte à transgresser le serment d'Hippocrate, qui leur interdit de dissimuler la vérité aux patients

           Troisième et dernière pratique, tombée en disgrâce dans les années 1970 et 1980, mais qui fait depuis une dizaine d'années un retour remarqué aux Etats-Unis : le neurofeedback. Ce nom barbare désigne une technique assez simple, qui s'apparente à de la musculation mentale (lire l'encadré ci-dessus). Elle est issue des travaux menés en 1958 par Joe Kamiya à l'université de Chicago. Grâce à un électroencéphalographe (EEG) mesurant en temps réel l'activité du cerveau, le psychologue remarque qu'on peut apprendre à émettre certaines ondes cérébrales sur commande. Dix ans plus tard, le neuroscientifique Barry Sterman, à l'université de Californie, montre que des chats entraînés à contrôler leur activité cérébrale résistent mieux aux crises d'épilepsie. Des résultats bientôt reproduits chez l'homme. L'engouement est immédiat. Accessible, prometteuse, la technique séduit les adeptes du New Age et les entrepreneurs peu scrupuleux. De nombreuses études, souvent de mauvaise qualité, sont lancées. Des sociétés lucratives se créent, qui prétendent traiter tous types de pathologies (autisme, dépression, migraine...) à l'aide de méthodes non éprouvées. Le neurofeedback intègre ainsi le champ des pseudosciences et de la parapsychologie et se forge, auprès des scientifiques, une très mauvaise réputation... dont il est sur le point de se défaire. 

            Une technique déjà éprouvée

            En novembre 2012, une association de pédiatres américains a reconnu le neurofeedback comme étant un tracement aussi efficace que les psycho-stimulants pour traiter les troubles de déficit de l'attention avec hyperactivité. L'armée américaine utilise cette technique pour soigner les soldats atteints de stress post-traumatique. En France aussi, la méthode revient sur le devant de la scène, notamment dans le cadre d'OpenVibe 2, un projet national sur les interfaces cerveau-ordinateur.

            Et depuis quelques années, la technique devient prometteuse pour traiter la dépression ou les douleurs chroniques, grâce à l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), qui permet de visualiser des structures du cerveau plus profondes que PEF:G.

            Méditation, effet placebo, neurofeed-back... Ces trois thérapies ont bel et bien fait leur entrée officielle dans le cercle des sciences médicales. Et si, à la différence d'autres pratiques alternatives (programmation neurolinguistique, magnétisme...), elles se sont extraites des marges, ce n'est pas à cause d'un affaiblissement des exigences scientifiques. Au contraire ! C'est d'abord parce que les preuves de leur efficacité sont désormais assez nombreuses et solides. Pour une série de troubles importants, les faits, parfois spectaculaires, s'accumulent (lire pages suivantes). Oui, il est possible de se soigner par la seule pensée ! Ce qui présente l'indéniable avantage de se passer de tout autre traitement.

            Un cerveau aux dons fascinants

            Au-delà de la mesure de l'efficacité de ces thérapies, ces expériences laissent entrevoir le fascinant lien entre le corps et l'esprit qui dote le cerveau de son don thérapeutique. Car les techniques d'imagerie cérébrale et d'analyses biochimiques permettent de voir la force de l'esprit se matérialiser: la méditation bouleverse certains rythmes cérébraux entre les aires frontales et pariétales ; le placebo fait produire au cerveau ses propres antalgiques ; le neurofeedback change la manière dont le cortex pré-frontal agit sur les autres régions cérébrales (voir l'infographie ci-contre).

            L'arrivée en science de ces pratiques autrefois "alternatives" pose beaucoup de questions. Quels troubles peuvent être ainsi soignés ? Existe-t-il des effets secondaires? Certaines personnes y sont-elles plus sensibles ? Ces thérapies doivent-elles être remboursées par la Sécurité sociale? Une chose est sûre : à condition de l'inciter à jouer ce rôle, le cerveau est un excellent médecin.

 
            EXPERIMENTATIONS DANS LES HÔPITAUX SUISSES 

            La magasine « L’Hebdo » du 28 novembre 2013 reprend le même thème sous la rubrique SANTÉ : « Quand l'esprit guérit le corps ».

            Sylvie LOGEAN, l’autrice de l’article, va dans le même sens : « Les neurosciences sont désormais en mesure de le prouver : la méditation agit de manière positive sur notre santé. A tel point que les hôpitaux de Suisse romande s'y sont aussi convertis » Elle y voit comme un raz-de-marée spirituel.

            Douleurs chroniques, mal de dos, migraines, psoriasis, anxiété, dépression, stress, burn-out, insomnies, troubles du comportement alimentaire, cancer, phobies, addictions au tabac, à l'alcool, aux drogues, amélioration des maladies cardiovasculaires, de l'asthme, du diabète de type II : la liste des affections pouvant être soulagées par la pratique de la méditation ne cesse de croître d'année en année. Pionniers en Suisse, témoins de cette incroyable révolution, les Hôpitaux universitaires genevois (HUG) ont développé un programme de méditation de pleine conscience (Mindfulness) depuis dix ans dans leur département de santé mentale et psychiatrie à destination de patients atteints de dépression et de troubles bipolaires. Une forme de pratique qui se distingue des méditations associées à la religion de par sa laïcité ainsi que son utilisation à visée thérapeutique.

            De son côté, le CHUV, à Lausanne, pratique depuis 2009 la pleine conscience dans sa section d'addictologie du service de psychiatrie communautaire, ainsi que dans son département d'alcoologie.

            Sans compter la Clinique Belmont, à Genève, la Villa Flora, à Sierre, et la Fondation Le Tony, à Fribourg, toutes spécialisées dans le traitement des addictions. Emblématique du sérieux de cette discipline, un certificat de formation continue, consacrée aux approches basées sur la pleine conscience dans le domaine de la santé, devrait débuter en septembre de l'année prochaine en partenariat avec l'Université de Genève et la Haute Ecole de santé. Les inscriptions, destinées au personnel de la santé, sont déjà complètes avant même la validation définitive du programme.

            Bienfaits reconnus
            En Suisse romande, ce sont également plus de 50 thérapeutes qui enseignent, hors cadre hospitalier, la pratique dite de la réduction du stress basée sur la pleine conscience ou Mind-fulness Based Stress Reduction (MBSR) à des groupes toujours plus nombreux et aux profils si variés qu'ils accueillent autant les chefs d'entreprise désireux de mieux gérer leur stress quotidien que des personnes envoyées par leur médecin traitant pour des troubles anxieux ou des douleurs chroniques que les antalgiques n'arrivent plus à soulager.


            Parfois frileuses, souvent peu enclines à la nouveauté, les assurances de base et complémentaires s'y sont également mises en remboursant une partie, voire la totalité des séances lorsqu'elles sont associées à un trouble psychique ou somatique reconnu par le corps médical.

            1.- En pleine conscience

            Si la Suisse s'est lancée tardivement, bien que le nombre d'adeptes s'y compte aujourd'hui par milliers, cet engouement pour la pleine conscience a débuté il y a presque cinquante ans aux Etats-Unis, où plus de 10 millions d'Américains déclarent pratiquer régulièrement une forme de méditation. Phénomène sociétal au pays de l'Onde Sam, la méditation voit ses adeptes être initiés dans les écoles, les hôpitaux, les administrations, ou encore les grandes compagnies et les prisons. La recherche n'y est d'ailleurs pas en reste, puisque l'Institut national de santé américain a financé, en 2008, plus de 50 études ayant pour objectif d'évaluer l'impact de la Mindfulness sur la concentration, le stress, la dépression ou les addictions. Avec des résultats si encourageants que ce sont désormais près de 250 hôpitaux et cliniques qui pratiquent cette technique outre-Atlantique.

            Un enthousiasme qui tient en grande partie au profil de son créateur: Jon Kabat-Zinn. Ce docteur en biologie moléculaire du célèbre Massachusetts Institue of Technology (MIT) a développé cette pratique dans les années 70 au sein du centre médical de l'Université du Mas-sachusetts. Son but était alors de prendre en charge des patients souffrant de douleurs chroniques ou de troubles engendrés par le stress. Le succès fut tel que les indications ne tardèrent pas à s'étendre aux douleurs liées aux affections cardiaques, aux maladies immunitaires ou infectieuses, au sida et au cancer.
 
            Le moment présent
            Inspirée par les traditions bouddhistes et basée sur des éléments empruntés au yoga, au zen et au vipassana (une méthode de méditation indo-birmane), la pratique est toutefois exempte de toute référence religieuse ou rituelle. Son protocole extrêmement rigoureux se base sur une formation de huit semaines.


            L'objectif : porter son attention sur le moment présent, « à l'aide des principes de base que sont le non-jugement, l'acceptation, la patience, l'esprit de débutant, la confiance, le non-effort et le lâcher-prise », explique Barbara Guidetti, formatrice de MBSR à Lausanne et à Lutry.

            «La pleine conscience pourrait être décrite comme un moyen permettant de changer la relation que nous avons avec la perception émotionnelle. Elle favorise la reconnaissance et l'acceptation des émotions, mais aussi la décentration, qui constituent les éléments permettant une régulation émotionnelle adaptative», constate le professeur Guido Bondolfi, psychiatre chargé du programme des troubles anxieux aux HUG.

            En d'autres termes, à travers la pratique de ce type de méditation, il serait possible de modifier notre relation aux problèmes pouvant empoisonner notre vie, plutôt que d'essayer de les contrôler ou de les chasser.

            « La pratique de la pleine conscience m'a permis de me rendre compte que je ne suis pas mon stress, mes difficultés. Cela m'a permis de marquer une pause entre les événements et ma réaction mentale ou émotive. J'ai entrevu la possibilité de voiries situations sous un angle différent. C'est une expérience dont on ressort remis à neuf, plein de confiance en la vie et en ses capacités propres, plus ouvert », confirme un participant au cours MBSR donné par Pierre Gallaz à Lausanne. Un témoignage parmi une multitude, qui permet de se convaincre du bien-fondé de cette approche que découvre peu à peu le grand public.

            « Il s'agit de rentrer en amitié avec soi-même, de trouver un lieu calme au cœur de la tourmente. La méditation de pleine conscience n'est pas une thérapie, mais un outil pour prévenir et traverser les désastres », insiste Barbara Guidetti. 

            2.- Les applications thérapeutiques

            Si la méditation ne vise pas à guérir, les preuves scientifiques n'ont cessé de se multiplier concernant les bienfaits de cette discipline sur notre organisme, en particulier autour des trois axes que sont la réduction du stress et de l'anxiété, la prévention des rechutes dépressives ainsi que la diminution du vécu douloureux.

            En faisant se focaliser l'esprit sur le moment présent, la méditation permet une baisse directe dans l'organisme du cortisol, l'hormone du stress. Ainsi, des recherches ont récemment démontré que plus une personne arrivait à mobiliser son attention sur une expérience sensorielle, plus son taux de cortisol diminuait.

            La méditation peut donc s'avérer une bonne indication pour les troubles liés à l'anxiété, à la fatigue, aux insomnies, ainsi qu'aux maladies rhumatismales, inflammatoires et intestinales.

            Ou encore pour les troubles du sommeil, comme le constate ce pratiquant débutant formé auprès de Pierre Gallaz : «J'ai observé une amélioration notable de mes troubles du sommeil. J'ai le sentiment d'être plus en phase avec mes sensations corporelles, d'avoir retrouvé la confiance en mon corps et en ma capacité à dormir. J'ai surtout réalisé à quel point mes croyances à propos de mon sommeil étaient fausses. La méditation m'a également permis d'apprendre à observer mes ruminations plutôt que de les subir, en souffrir et les alimenter.»

           «J'arrive à davantage gérer mes émotions, confirme ce participant qui vient de terminer la formation de huit semaines donnée par Guido Bondolfi, aux HUG. Ce n'est pas encore très solide, mais cela m'aide à maîtriser mes angoisses. Une pratique plus longue permet sans doute de se recentrer plus rapidement, mais cela va vraiment de mieux en mieux.»

           Accepter la douleur
           Selon diverses études, la méditation a également prouvé sa supériorité sur les antalgiques classiques dans les cas de douleurs chroniques pour les patients atteints de migraines, de mal de dos ou encore de fibromyalgie et de cancer. Une étude réalisée en Caroline du Nord a ainsi démontré qu'après seulement quatre jours d'entraînement, à raison de vingt minutes par jour, les sujets qui entraient en méditation de pleine conscience, puis étaient exposés à la douleur, considéraient en moyenne cette douleur 57% moins déplaisante et 40% moins intense que ceux d'un groupe témoin. «La douleur ne s'envole pas avec la pratique de la méditation, précise Barbara Guidetti. Mais elle permet une réponse différente du corps et du psychisme face à celle-ci.»

            La preuve avec Manuella, qui a suivi le cours donné par Barbara Guidetti afin de soulager sa spondylarthrite ankylosante, une maladie rhumatismale chronique provoquant des inflammations dans diverses parties du corps. «J'avais énormément de peine à vivre avec ces douleurs, cela générait beaucoup d'angoisses et de projections négatives, confie la presque septantenaire. Je me voyais déjà dans un EMS. La méditation de pleine conscience m'a permis d'arrêter de gamberger et de diminuer considérablement mes angoisses. Mes douleurs sont toujours présentes mais sont devenues plus supportables; sans pour autant me résigner, j'accepte davantage ce qui se passe sur le moment, en sachant dorénavant que cela va passer. J'ai même pu diminuer la prise d'antalgiques et de somnifères et ai recommencé à avoir des activités. Cela m'a permis de sortir de la spirale infernale.»
 
           Prévenir la dépression
           Le potentiel de la démarche de réduction du stress basée sur la pleine conscience a également conquis le champ de la psychiatrie dès le début des années 90. De cet intérêt, une démarche spécifique a vu le jour: la thérapie cognitive basée sur la pleine conscience ou MBCT (pour Mindfulness Based Cognitive Therapy), créée par le psychiatre cognitiviste canadien Zindel Segal et deux de ses collègues anglais. « Nous avons été les premiers à proposer cette démarche en Suisse, se souvient Guido Bondolfi. Au début, nous étions un peu considérés comme des allumés, mais les études n'ont pas tardé à démontrer les bénéfices de cette pratique. En effet, la thérapie cognitive basée sur la pleine conscience permet de réduire de moitié le taux de rechute dépressive chez des patients ayant vécu au moins trois épisodes dépressifs par le passé, et donc à haut risque de rechutes.»

            Un résultat d'autant plus encourageant que la médecine se considérait quelque peu démunie face à ces personnes très vulnérables sur un plan cognitif. «Les outils médicamenteux et la thérapie cognitive comportementale s'avéraient efficaces au moment des épisodes de décompensation, mais nous manquions de moyens, une fois que le patient allait mieux, pour prévenir les rechutes. La pratique de la méditation peut s'avérer en outre très salutaire pour les patients ne supportant pas une médication de maintien à long terme, précise Béatrice Weber, psychologue et psychothérapeute dans les programmes troubles de l'humeur et troubles anxieux du Service des spécialités psychiatriques des HUG. La thérapie cognitive basée sur la pleine conscience offre à celui qui la pratique une plus grande responsabilité personnelle dans son bien-être, elle s'inscrit dans une vision participative de la médecine.»

            Concrètement, la méditation de pleine conscience demande au patient de ne pas chercher à maîtriser ou à lutter contre ses pensées négatives, mais au contraire de rester en contact avec elles. Il s'agira de réussir à ne pas être dans une forme de réactivité automatique, mécanisme qui facilite les rechutes. «La MBCT fait prendre conscience du fonctionnement de l'esprit lorsqu'il sécrète des pensées et des émotions négatives. Elle développe l'adoption d'attitudes plus constructives et moins toxiques à leur égard qui ont pour vertu d'éviter de retomber dans la spirale d'une nouvelle dépression», écrit le Dr Frédéric Rosenfeld (voir l'encadré « Pour en savoir plus »).
 
            Contrer les addictions
            Une approche similaire a très récemment été appliquée dans le cadre du traitement des addictions de toutes formes: la Mind-fulness Based Relapse Prevention (MBRP ou prévention de la rechute sur la pleine conscience pour le traitement des addictions), mise en place à Washington par le Dr Alan Marlatt et son équipe.

            Au CHUV, à Lausanne, le service d'alcoologie s'est emparé de cette démarche depuis 2009. Il est destiné à des patients ambulatoires abstinents, afin de les aider à augmenter leur conscience de ce qui les pousse à consommer, ainsi que des expériences cognitives, physiques ou émotionnelles qui suivent ces déclencheurs. Il cherche également à leur apprendre à répondre à ces expériences de manière bienveillante et efficace, au lieu d'y apporter une réponse automatique, telle que la consommation de substances.

            « Les résultats de la formation qui a lieu sur huit semaines sont assez impressionnants. Nous constatons un réel changement d'attitude chez les patients », s'enthousiasme Daniela Dunker Scheuner, responsable de l'Unité d'enseignement en thérapie comportementale et cognitive.

            Une étude réalisée en 2009 à Washington démontre en effet que les participants à un groupe MBRP indiquaient une baisse importante des envies au cours de la période de suivi de quatre mois, en comparaison à un groupe traité classiquement.
            Les jours de consommation de substances diminuaient également significativement. 54% d'entre eux continuaient une pratique méditative après plusieurs mois.

            De son côté, la section d'addictologie du Service de psychiatrie du CHUV propose des interventions psychologiques basées sur la pleine conscience, où les patients sont libres de venir pratiquer lorsqu'ils le désirent, sans qu'une abstinence soit préalablement demandée. «Les participants rapportent un degré de satisfaction élevé quant aux bienfaits qu'ils en retirent. Les retours sont très positifs», constate Valérie Rossier, psychologue associée chargée du programme.

            3. Les effets sur notre cerveau

            Outre ses aspects thérapeutiques, la méditation a également hautement intéressé les neurosciences, fascinées par les facteurs biologiques étant associés à cette pratique. A tel point qu'un nouveau domaine de recherche est né dans les années 2000 : les neurosciences contemplatives.

            De récentes études ont ainsi démontré que la pleine conscience avait la capacité de transformer notre cerveau, son fonctionnement et sa structure. De telle sorte que, chez les méditants, une modification des activités cérébrales dans des régions préposées au contrôle attentionnel, ainsi qu'à la régulation émotionnelle, a été constatée.

            Un phénomène se traduisant notamment par une augmentation des activités du cortex préfrontal, qui est la partie de notre cerveau impliquée dans les processus cognitifs, émotionnels et le sentiment de bien-être; et une diminution de l'amygdale cérébrale, noyau situé dans les profondeurs du cerveau qui constitue le carrefour stratégique dans la gestion de nos émotions, notamment la peur ou le stress.

            Le cortex préfrontal et l'amygdale cérébrale sont deux structures nerveuses connectées entre elles par des échanges complexes inégalement répartis: les influences de l'amygdale sur le cortex pourraient s'apparenter à des autoroutes, celles du cortex vers l'amygdale à de petits chemins. « Ce qui explique que les émotions ont un impact bien plus important sur nos pensées que l'inverse », constate le Dr Rosenfeld.

            La méditation permettrait donc d'apprendre à moduler ses sensations, tout comme elle stimule la plasticité neuronale dans les régions cérébrales qu'elle sollicite spécifiquement.

            Impact sur le système nerveux. En outre, Rick Hanson et le Dr Richard Mendius constatent, recherches à l'appui (voir l'encadré «Pour en savoir plus»), que la méditation engendre une activation du système nerveux parasympathique (SNP) ou système vagal, responsable du ralentissement de la fréquence cardiaque et de l'augmentation de sécrétions digestives. En stimulant le SNP et d'autres parties du système nerveux, une pratique régulière de la méditation augmente la matière grise dans l'hippocampe (qui permet l'apprentissage et la mémorisation), tout comme elle réduit l'amincissement cortical provoqué par le vieillissement.

            Dans ce sens, Eileen Luders, de l'Université de Californie, a remarqué, dans une recherche de 2012, que les fibres neuronales (la matière blanche) des personnes qui méditent sont plus denses et plus nombreuses entre les différentes régions cérébrales et qu'il y a moins de perte liée à l'âge que chez des témoins non pratiquants.

            Point rassurant : il n'est pas nécessaire d'avoir des centaines, voire des milliers d'heures de méditation au compteur pour éprouver de tels changements : il suffit pour cela de quelques semaines à raison de trente minutes par jour.

            D'ailleurs, d'aucuns n'hésitent pas à adapter la pratique à leur rythme de vie en méditant de manière fractionnée ou à la place d'une turbo sieste. Et ça marche aussi ! 

 
            POUR EN SAVOIR PLUS

            - «Méditer c'est se soigner», Frédéric Rosenfeld, Pocket, 2008
            - «Le Cerveau de Bouddha - Bonheur, amour et sagesse au temps des neurosciences», Rick Hanson, Richard Mendius, Pocket, 2009
             - «Méditer jour après jour», Christophe André, L'iconoclaste, 2011
             - «Plaidoyer pour l'altruisme. La force de la bienveillance», Matthieu Ricard, Nil, 2013
             - www.mbsr-verband.ch/