Piaget, le mal compris

            Pourquoi Piaget, mondialement connu, reconnu, est pourtant mal compris par la plupart de ses pairs, voire même de ses disciples ?

            Un élève de Piaget essaie d’explorer les faits en se basant sur quelques-uns de ses propres souvenirs et surtout sur les écrits divers relatant sa vie et son œuvre.

               I.- La naissance d’un génie :

            Tout le monde reconnaît en Piaget un génie. Toutefois, à la place d’un génie ordinaire, avec ses excès et ses exigences, on rencontre un génie bien équilibré, modeste, simple qui déconcerte les gens.


            En 1917, à 21 ans, pour des raisons de santé, le jeune Piaget dut passer une année de convalescence à la montagne. Il en profita pour écrire un roman philosophique « RECHERCHE »  (Ed. La Concorde, 1918).

            C’était une sorte d’autobiographie déguisée, dans lequel le héros Sébastien passait par une crise d’adolescence d’ordre mystique, caractérisée par la remise en question de sa croyance, et le conflit entre la foi et la science, survenant en pleine période de la première guerre mondiale (1914-1918)

            Né dans une famille protestante, d’une mère croyante et d’un père historien non croyant, Piaget a étudié au gymnase le philosophe Spinoza « qui voit Dieu comme totalement immanent dans l’univers ». La lecture de « L’évolution créatrice » de Bergson ( publié en 1907 ) confirmait cette conception de la divinité. « Ce fut un vrai coup de foudre ... une révélation ... En un moment d’enthousiasme voisin de la joie extatique, je fus saisi de la certitude que Dieu est la Vie, sous la forme de cet élan vital ! »  (« Sagesse et Illusion de la Philosophie » Ed. P.U.F. Paris 1965, pages 11-12).

            Cette conception de « Dieu dans la nature » encouragea Piaget dans son intérêt pour la botanique. Chez les êtres vivants qu’il a  étudiés, il ne se contentait pas d’observer et de classer comme un érudit, mais de chercher à savoir le comment et le pourquoi. Par exemple, au sujet de la déformation des coquilles en fonction de l’agitation de l’eau des lacs, il voyait cette réaction de l’animal comme un besoin d’adaptation au milieu ambiant. Ainsi, la raison expliquée est dans la nature. Il ne croyait plus comme absolues les causes de l’hérédité et du milieu : ce qui est acquis s’oppose à l’innéité, au créationisme !

            Mais Piaget ne s’arrêtait pas après ses premières découvertes scientifiques. Il voulait les comprendre par lui-même, expliquer les phénomènes par l’expérimentation.

            D’autre part, dans cette pénible période de guerre mondiale, Sébastien (Piaget) concentrait en lui la douleur et la misère du monde qu’il embrassait tout entier. Il écrivit un message : « Lettre aux Jeunes socialistes ». Il se considérait comme « fou », tout en voyant que le monde était aussi déséquilibré que lui, sauf la nature environnante. Et il cherchait à connaître la cause :

            « Mort à cet intellectualisme qui a mis en danger la Vie ! »  et  « Vivre, c’est agir !»,  c’étaient les cris de combat de Sébastien.  

            Il se calma ensuite pour retrouver « son unité intellectuelle et affective dans un équilibre où tout se rejoint, la pensée et l’émotion », le penser et le sentir. Il constatait « partout la même symphonie, partout la Vie, la variété dans l’unité, le changement dans la mesure ». Il voyait « dans toute unité vivante, dans tout individu une organisation, c’est-à-dire un équilibre entre les qualités d’ensemble et les qualités partielles ». Pour définir la Vie, « l’assimilation est la source de toute organisation ». Il déclarait ensuite : « Il n’y aurait ni évolution, ni reproduction, ni mort s’il n’y avait pas équilibre » et « l’équilibre ne se trouve qu’au moyen du déséquilibre, c’est la grande loi de la vie réelle », un mouvement perpétuel.

            Enfin, vint la Joie divine de créer dans la symphonie de la Vie, dans le contact avec la Nature. Il s’exclama : « Toute recherche est une religion ! ».
            Dans cette crise où il souffrait à la fois physiquement et psychiquement, Sébastien la vit comme un feu dévorant mais purificateur. Et c’était dans ce purgatoire que naissaient les « mots clés » de son œuvre futur. 


 
             II.- L’homme-génie et son œuvre :

            Piaget sortit de cette crise, transformé, guéri.
            C’était dans la même année 1917, après avoir écrit « Recherche » qu’il obtint son Doctorat ès Sciences naturelles à l’Université de Neuchâtel. Puis, il partit à Zurich, ensuite, à Paris, travaillait dans des laboratoires, psychiatriques, puis psychotechniques pour élargir son savoir, ses connaissances par l’expérimentation.

            Piaget savait ce qu’il fallait faire dans la vie, avec un projet fort ambitieux :
            Essayer de comprendre l’origine de la Logique, de la Raison, de la Connaissance, de l’Intelligence humaine.
            Tenter d’expliquer l’action de l’être humain dans son approche du monde, dans la construction de sa personnalité au contact avec son entourage ( les êtres et les choses ).
            Chercher le rapport du sujet au monde, résoudre le problème « nature-culture ».

            « RECHERCHE » n’est pas « un roman philosophique imprudent » comme l’écrit, un an après sa mort, un de ses disciples, professeur d’université (J.- D. Stuki, « L’œuvre de Jean Piaget : auto-analyse ou auto-synthèse » Revue « Psychothérapie », N° 4, 1983).
            En réalité, c’est un roman qui décrit une auto-guérison, un roman d’initiation qui relate la renaissance d’un homme conduisant à la naissance d’un génie.
            La plupart des génies étaient souvent considérés comme plus ou moins « fous » ( Cf. : « Les illuminés. Le livre des génies fous » de Gérard de Nerval ). Excepté quelques uns comme Goethe ou Einstein.

            Piaget fit partie de l’un de ces rares espèces, ayant une personnalité « bien équilibrée » selon le sens commun. Il avait un psychisme solide qui l’aidait à « vaincre son démon qui l’avait terrassé » pendant une seule crise qui ne dépassait pas une année.
            Tandis que chez les autres, il y a toujours des hauts et des bas, leur vie s’avère un combat incessant avec leur démon, comme Hölderlin, Kleist et Nietszche, ces trois destinées tragiques décrites par Stefan Zweig (« Le combat avec le démon »  S. Fischer Verlag 1951. Ed. Pierre Belfond 1983 ).

            Piaget, malgré sa renommée, vit simplement, mais pas comme ses confrères et même pas comme les autres gens de la rue. Toujours avec son éternel béret, sa vielle bicyclette, pour aller de sa maison de Pinchat, banlieue de Genève, jusqu’à la ville, au Palais Wilson, ancien siège de la Société des Nations où se trouvait le Bureau International de l’Education dont il était Directeur et l’Institut des Sciences de l’Education  J. Rousseau qu'il dirigeait avec une seule secrétaire. Hiver  comme été, c’était son seul moyen de locomotion, tandis qu’un simple employé un peu aisé roulait en voiture.

            C’était en septembre 1950 où j’avais pu le voir pour la première fois, devant l’Institut avec sa bicyclette noire. En costume foncé trois pièces, le bas des jambes du pantalon serré par des pinces d’acier brillant, il tirait sur sa fameuse pipe quand il s’arrêtait, sortait automatiquement de la poche de son gilet une montre attachée à une chaîne argentée. C’était son seul bijou, un souvenir de son  grand père horloger.

            La vie mondaine ne l’intéressait pas. Pas de cinéma, ni de théâtre. On peut compter sur les doigts quelques rares exceptions. Mais il aimait beaucoup la musique qui, disait-il « peut stimuler le cerveau d’une manière étonnante ! » et quand on a moins d’énergie, « pour relancer le moteur, Bach pour le cerveau, Wagner pour les tripes et Mozart, pour les deux... » ( « Conversations libres avec Jean Piaget » de J. Cl. Bringuier. Ed. Robert Laffont. Paris, 1977, p. 184 ).

           Ses plaisirs étaient simples. Fumer un bon tabac avec une pipe d’écume, « parce qu’elle donne un goût incomparable », disait-il. Son péché mignon était la gourmandise. Il aimait faire la cuisine, mais pas comme tout le monde.
           

             Dans un entretien avec J. Cl. Bringuier, Piaget avait confié à ce dernier comment il préparait sa fondue, plat national suisse ( « Conversations libres » ouv. cité, p. 129 ) :
            « J’aime la fondue faite selon ma propre recette, c’est-à-dire qu’au lieu d’y mettre une gousse d’ail, j’y mets toute une grosse tête ... et beaucoup de kirsch et beaucoup de vin, et un petit peu de fromage comme excipient. La moitié peut se boire pendant qu’on mange l’autre en trempant son pain ».
            C’est donc une fondue très spéciale. Pendant plus d’un demi-siècle de séjour en Suisse, je n’avais jamais vu un autre habitant la préparer de la sorte.

            Le vrai plaisir pour lui, c’était le travail, la poursuite des ses recherches, le progrès dans son œuvre. Il s’y identifiait complètement :
« En construisant son œuvre, dit-il, on construit en même temps sa personnalité et son équilibre »  (pour Piaget l’équilibre implique régulation et ajustement perpétuels, donc un équilibre dynamique et non pas statique comme une balance.)
« Le goût de la Connaissance fait un avec la Vie, croire au sujet, c’est croire à la Vie ».

            La passion de Piaget, c’est la passion de la recherche :
            « Un beau fait - une belle expérience réussie qui concorde avec votre hypothèse -, dit-il, cela vous remplit de joie » ( p. 85, ouv. cité ).

            Piaget possédait une intelligence vive, toujours en mouvement. « Le réel nous emmène tout le temps à nous poser de nouvelles questions, dit-il. Il y a une perpétuelle échange entre les questions que nous posons au réel et les réponses inattendues qui font poser de nouvelles questions » (ouv. cité, p. 149). Une recherche sans fin qu’il ne peut pas mener tout seul.

            Piaget aimait donc le travail d’équipe et aimait être critiqué « pour avoir du nouveau et tenir l’esprit en éveil, dit-il ». C’est une attitude qu’on trouve rarement chez ces patrons-professeurs qui s’érigent en chefs absolus, ne supportant pas la moindre contradiction.
Quand J. Cl. Bringuier lui demanda : « Vous croyez à la recherche solitaire ? », il répondit : « Ah non ! Il faut des contacts, et il faut surtout des contradicteurs ». ( p. 37 ).

            Son autorité régnait toute naturelle avec sa bonhomie, son sens de l’humour bien à propos, sa facilité de répartie donnant réponse à tout : de sorte que certains chercheurs qui le côtoyaient se demandaient : « Un Piaget ou plusieurs Piaget ? ». C’était un Piaget à la fois unique, et multidimensionnel !

            Piaget effectuait les recherches interdisciplinaires, pas par besoin d’accumulation de savoir comme un érudit, mais dans le but de trouver des rapports entre les faits pour éviter des erreurs - qu’il nommait des « lacunes » - , et surtout « pour en retirer du nouveau ». Il en redemandait comme un assoiffé, car tout progrès l’intéressait. C’était un génie créateur réaliste, aimant évoluer incessamment.

            Un chercheur américain, Hower Gruber, du Centre international d’épistémologie génétique de Genève, disait  à J. Cl. Bringuier ( p. 121, ouv. cité ) au sujet de son Patron : « La mémoire chez un génie n’est pas différente de celle d’un homme de la rue, mais elle est organisée différemment. C’est l’organisation même du système qui est différente ».

            Cela fait penser à son bureau de travail chez lui à Pinchat. C’était dans un désordre indescriptible cette montagne de papiers qui débordaient de toutes parts. Et pourtant Piaget trouvait rapidement ce qu’il cherchait. Le commun des mortels doit faire de l’ordre pour s’y retrouver. Piaget faisait le contraire. Il trouvait de l’ordre dans le désordre.

            Un homme libre dans tous les sens du mot, il vivait sans contrainte, faisait ce qu’il fallait, c’est-à-dire selon son bon vouloir, tout en respectant rigoureusement les us et coutumes du milieu.
            Travaillant, agissant comme une locomotive, les autres - les wagons - n’avaient qu’à s’y raccrocher pour pouvoir avancer. Lentement mais sûrement... la caravane passe. 

             III. Les critiques et les honneurs :

            Son œuvre, comme une lumière, se propageait partout dans le monde des sciences non sans rencontrer des résistances diverses :

            « ... J’ai pourtant été un des auteurs les plus critiqués, dit Piaget. Mes premiers travaux ont subi une démolition générale, surtout aux Etats-Unis en particulier. Mais c’est le psychiatre Anthony, je crois, qui a écrit : « Piaget est beaucoup trop narcissique pour avoir été sensible à ces critiques et il a continué tranquillement sa route »,  puis ensuite :
            « ... L’autre jour, ( quelque temps après ) un groupe de psychologues américains m’a remis un volume d’hommage dans lequel j’ai lu une parole qui m’a fait bien plaisir et qui est la suivante : C’est que pendant une quarantaine d’années, il a eu un mépris total pour les idées ambiantes, pour les idées courantes ... » ( J. Cl. Bringuier, p. 83 - 84, ouv. cité ).
            On se demande comment un psychiatre peut-il confondre indépendance d’esprit avec narcissisme ?  Une personne narcissique est un individu qui ne s’occupe que de lui-même, qui se mire ( comme Narcisse dans l’eau ), qui a besoin de l’admiration d’autrui pour exister. 
            Tandis que Piaget ne tenait pas compte du qu’en-dira-t-on, de l’opinion publique, ni du manque de générosité de certains de ses pairs, de ses collègues. Il était non seulement indépendant affectivement mais aussi intellectuellement. C’était un anticonformiste comme tous ces génies : Descartes, Spinoza, Goethe, Marx, Freud, Einstein ... , ceux qui règnent sur le monde même après leur disparition.

            « ... Maintenant qu’on m’a découvert, dit-il à J. Cl. Bringuier dans le même entretien, je suis non pas un ancêtre mais un contemporain et même à l’avant-garde, disait encore cet auteur bienveillant ... ».
            Les Etatsuniens ne sont pas avares de louanges après les critiques. Et non sans raison. Par son esprit novateur et ses actions créatrices, Piaget semblait embrasser à la fois le passé, le présent et le futur.

            Les ingénieurs qui s’occupaient de l’intelligence artificielle visant à créer des ordinateurs, voyaient en lui un prédécesseur, celui qui avait des intuitions pré-cybernétiques dès 1920, une quarantaine d’années avant eux.
            Ils trouvaient génial et révolutionnaire le fait que leur système d’exploitation des machines programmées pouvant s’adapter, s’améliorer en assimilant les flux des informations,  ait quelque chose de commun avec les concepts de Piaget sur l’organisation des structures de l’intelligence qui se construisent, qui s’adaptent, qui assimilent, qui se sont mis en interaction les uns avec les autres.

            Evidemment, Piaget ne l’avait pas fait exprès. Mais les Etatsuniens émerveillés le couvraient d’honneurs. En 1936, c’était l’université de Harward qui lui remit le premier Doctorat Honoris Causa, puis suivirent dix autres, sur une trentaine DHC décernés en Europe, en Amérique latine et au Canada.
            Quand son interlocuteur, J. Cl. Bringuier ( p. 85, ouv. cité ) lui a fait remarquer qu’il est  quasi universellement reconnu, et avec un bel éclectisme ( la Médaille de l’université de Moscou et le doctorat h.c. de l’université de Chicago chez les Jésuites ) :

             « Reconnu, vous savez ... ( Silence ... ). Ça fait plaisir bien sûr, mais c’est assez catastrophique lorsqu’on voit la manière dont on est compris ! ».
            Piaget avait non seulement le sentiment d’être mal interprété, mais d’être mal compris :
« Dans la compréhension même de la théorie, dit-il. Enfin, je crois que c’est le lot commun... ». (C’était en 1974).

            De même, dans l’ouvrage « PIAGET, mes idées », propos recueillis par Richard I. Evans, ( traduit de l’américain, Ed. Denoël / Gonthier, Paris, 1977 ), son interlocuteur, le professeur de psychologie de l’université de Houston USA) lui demanda quels sont, à son avis, les malentendus qui entourent son œuvre :
            « Ce qui a surtout été mal compris, répondit Piaget c’est la notion essentielle de la construction, l’idée qu’il s’agit de structures nouvelles qui n’existaient ni chez le sujet ni chez l’objet qui se sont construites.» ( ouv. cité, p. 88 ).

            Enfin, la réponse de Piaget à cette question du même interlocuteur :
            R. I. Evan -  « En dernier lieu, docteur Piaget, je me demandais comment vous ressentiez le fait d’être pris en quelque sorte, entre deux disciplines : d’une part les philosophes et les épistémologistes qui ne comprennent pas le sens que prennent vos travaux, d’autre part les psychologues qui ne comprennent pas pleinement vos travaux. Que faites-vous face à cela ?
            J. Piaget -  J’attends. » ( ouv. cité, p. 117 ).

            Quelle patience et quelle belle assurance !
            « Je n’ai qu’à poursuivre tranquillement mon chemin, pensa-t-il probablement, les autres me suivront après ! Tôt ou tard ! ».

           Suite :  /2.-piaget-le-mal-compris

            « Science ( c'est-à-dire toutes formes d'activité humaine ) et Religion n'ont jamais fait, à mes yeux, qu'une même chose - L'une et l'autre étant, pour moi, la poursuite d'un même Objet. »

            ( Extrait de  Mon Univers, Ay (Marne), 14 avril 1918, in : « Œuvres », Éd. du Seuil, t. 12, p. 296-297.)

            De même pour Jean Piaget « Toute recherche ( Science ) est une Religion » ( roman « Recherche » Ed. La Concorde 1918 ).

             « Il n'est pas besoin d'être un homme pour apercevoir les objets et les forces « en rond » autour de soi. Tous les animaux en sont là aussi bien que nous-mêmes. Mais il est particulier à l' Homme d'occuper une position telle dans la Nature que cette convergence des lignes ne soit pas seulement visuelle mais structurelle.

            En vertu de la qualité et des propriétés biologiques de la Pensée, nous nous trouvons placés en un point singulier, sur un nœud, qui commande la fraction entière du Cosmos actuellement ouvert à notre expérience. Centre de perspective, l'Homme est en même temps centre de construction de l'Univers. Par avantage, autant que par nécessité, c'est donc à lui qu'il faut finalement ramener toute Science.

            Depuis qu'il existe, l'Homme est offert en spectacle à lui-même. En fait, depuis des dizaines de siècles, il ne regarde que lui. Et pourtant c'est à peine s'il commence à prendre une vue scientifique de sa signification dans la Physique du Monde. Ne nous étonnons pas de cette lenteur dans l'éveil … 

            En vérité - je doute qu'il y ait pour l'être pensant de minute plus décisive que celle où - les écailles tombant de ses yeux) il découvre qu'il n'est pas un élément perdu dans les solitudes cosmiques, mais que c'est une volonté de vivre universelle qui converge et s'harmonise" en lui.

            L' Homme, non pas centre statique du Monde - comme il s'est cru longtemps ; mais axe et flèche de l'Évolution, - ce qui est bien plus beau. 

         ( Prologue du Phénomène humain, Pékin, 1938-1940, « Œuvres », Éd. du Seuil, p. 25-30.) 

            Voir "Biographie détaillé de Teilhard de Chardin" : 7.- Religions et Evolution